Iles Perhentians

Nous avons pris un bus de nuit à Georgetown pour Kuala Besut sur la côte Est de la Malaisie à 21 heures, nous arrivons à 5 heures du matin. Evidemment rien n’est ouvert à Kuala Besut et nous devons attendre 7H30 pour prendre le bateau.

Nous achetons nos billets aller retour, sachant que le retour est libre, ça nous arrange bien car on ne sait pas si on se plaira là bas.

Nous avons réservé 5 nuits au Samudra Beach chalet, sur l’île de Besar.

Les Perhentians, ce sont deux îles, Kecil la plus petite et la plus festive et Besar la plus grande et la plus calme. Ces îles sont couvertes de jungle, aucune culture possible.

Elles sont à une vingtaine de kilomètres de la côte et ne sont accessible qu’à partir de mars. Pendant la mousson la mer est trop mauvaise pour les bateaux .Nous avons organisé ce voyage en fonction de ces données.

Alors à 7h30 nous prenons donc le bateau qui, en 1 heure nous a débarqués sur un petit ponton.

Il faut  marcher sur la plage afin d’arriver à notre hôtel. Sur Besar il n’y a pas de route donc pas voiture, ni moto ni vélo, seulement des bateaux taxis pour aller d’une plage sur une autre. Bref vous l’avez compris c’est un peu le paradis.

La mer est chaude, les couleurs vont de l’ivoire en passant par les turquoise, vert, bleu ciel, bleu marine et enfin bleu noir. Le sable est blanc farineux.

Notre bungalow, très simple, est sur la plage, et le bonheur c’est qu’il n’y a pas de vague. Du coup pas de ressac agaçant.

Notre programme pour ces 5 jours est très simple, baignade, snorkeling, farniente, lecture et découverte des différentes plages. De la plage où nous logeons il est possible d’aller sur une autre plage de l’autre côté de l’île. Nous avons donc pris le chemin qui traverse la jungle, il nous aura fallu seulement 45 minutes. On avait connu pire au parc Bako.

Les Perhentians sont réputées pour leurs fonds marins, on aura l’occasion de le vérifier.

Nous avons nos propres masque et tuba, du coup il est très facile d’aller voir les poissons en indépendants. Nous avons quand même pris un tour avec un bateau et un guide pour aller faire du snorkeling  à  4  endroits différents. Nous nous sommes bien régalés, Alain a vu un gros requin de récif, ouf, inoffensif, et nous avons vu de beaux et gros poissons. Les coraux sont superbes et en bonne santé. Il faut dire que nous sommes dans un parc National où la pêche est très réglementée.

Nous avons loué un kayak et Alain a vu une tortue tout près de la plage.

Nos cinq jours sont terminés et nous avons pensé que 5 jours supplémentaires ne seraient pas mal. On est tellement bien. Hélas, notre hôtel est complet, nous en avons trouvé un autre à quelques  plages de la nôtre.

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George Town

George Town est sur l’île de Penang à l’ouest  du pays, reliée par un pont, elle est d’accès très facile. Nous y sommes arrivés en bus de Kuala Lumpur.

Un très grand quartier de la ville est inscrit au patrimoine  de l’Unesco mais en fait toute la ville est très intéressante. Ici les cultures se mélangent harmonieusement bien. L’architecture est absolument  formidable  chinoise, indienne,  coloniale,  contemporaine. Bref vous l’aurez compris cette ville est notre grand coup de cœur en Malaisie. Nous y avons passé 3 jours, sans nous  ennuyer un instant.

Le street art a contribué à développer encore plus  le tourisme. En 2012, lors du festival de George town, des fresques  furent commandées  au grand peintre lituanien Ernest Zacharevic pour le centre ville. Des objets réels comme des vélos, des motos sont mêlées aux peintures. Cet art urbain connait un grand succès, et on se prend au jeu de chercher les fresques  disséminées un peu partout. .

Les shops houses , ces maisons chinoises très profondes, dont le commerce est en rez de chaussée et les appartements en étages, sont préservées.

Les Kongsis, sont également des bâtiments chinois datant du 18ème siècle. L’objectif était de loger une famille élargie venant de Chine. Puis la grande et très belle maison de riches marchands chinois. Certaines sont devenues des hôtels haut de gamme.

 Dans la  même rue, on trouve un temple chinois, un temple Indien, une mosquée et une église chrétienne et une autre anglicane. Cette tolérance est à souligner.

Puis, il y a les Jettys, ce sont des  maisons sur pilotis, en bordure des quais. Une seule et même famille habite une rue, du coup si vous chercher monsieur Chew, eh bien, vous risquez d’avoir 10 personnes du même nom sur cette passerelle. Les jettys  existent depuis la fin du 18eme siècle, période de grande immigration chinoise. Le port de Georgetown étant l’un des plus prospères au monde.

Puis outre la ville, nous avons visité  Penang hill, il s’agit d’une colline perchée à 800 mètres et qui permet de prendre un peu de fraicheur. Nous y avons fait de belles balades.

Le grand temple bouddhiste  Kek Lok Si nous a occupé un  bout de temps. En effet, il paraît que c’est le plus grand temple bouddhiste du sud est asiatique.  En tout cas il est incroyable

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Kuala Lumpur

Nous prenons  l’avion à 10H30 pour Kuala Lumpur, la capitale.

A l’arrivée 30 kilomètres  nous séparent de la ville, nous prenons le train jusqu’à la gare centrale, puis le métro et terminons à pieds jusqu’à la résidence. Nous avons loué un grand appartement  en plein centre ville, quartier Bukit Bintang, on ne peut pas  être mieux placé.

Nous déposons nos affaires et comme d’habitude on se lance dans la visite. Pour notre première soirée nous retournons  voir les fameuses tours jumelles Petronas, construites en  1998 par l’architecte  argentin Cesar Pelli. A ce jour elles restent les tours jumelles les plus hautes du monde. Elles sont couvertes d’acier et à la nuit, sont scintillantes et de très beaux jets d’eau s’animent. Kuala Lumpur est une ville en plein essor, les buildings sont extrêmement nombreux, et certains sont vraiment beaux. Les grues font partie du paysage urbain.

Mais Kuala Lumpur c’est aussi la tradition, les quartiers Chinois et Indien sont intéressants. Nous y avons passé pas mal de temps. Le  marché central est incontournable pour qui veut faire du shopping. Ceci dit, les malls sont nombreux et quand on a trop chaud, on va y faire un tour.

La ville a un passé colonial important du coup son  quartier est magnifique, de nombreux immeubles ont été restaurés. Depuis  de notre dernier passage en 2014, il semblerait que la ville se soit très modernisée. Le métro est splendide et facile à prendre, le monorail traverse la ville en un temps record. Kuala Lumpur c’est 8 millions d’habitants avec l’agglo. .

Nous avons visité Batu caves, ces grottes à une quinzaine  de kilomètres de K.L. abritent  des temples  Hindous depuis plus de 120 ans. La première a été fondée en  1890. Deux autres grottes sont reliées par un petit escalier. Mais pour atteindre la première il faut monter 272 marches !!!  Au pied de cet escalier  se dresse la statue de  Murugan  (48,70 mètres) qui  n’est autre que le  fils de Shiva et Parvati. On ne s’étendra  pas plus sur la religion Hindoue……..Chaque jour des prières sont dites à 8h30 et 16h. Et en Janvier/février un million de pèlerins convergent vers Batu cave  pour la grande fête Hindou. Les statues sont très kitchs mais en même temps elles dégagent quelque chose  de surnaturel. Le singes sont évidemment très présents  car ils sont sacrés et ne loupent pas de voler quiconque   ose s’aventurer avec des fruits  ou fleurs. Pourtant les pèlerins très nombreux à cet endroit transportent des offrandes. Ils doivent  les emballer  sérieusement et malgré cela, les macaques arrivent à les faucher. C’est assez cocasse.

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Kuching la suite

De retour de chez Saloma et sa famille, nous avons repris le rythme des visites de la ville. Oui, Kuching est une ville agréable, le centre est compact et du coup on peut la visiter  sans trop de fatigue. Heureusement car ici la chaleur est franchement éprouvante, le taux d’humidité atteint souvent les 85%.

A la météo, quand, ils annoncent 25°, le ressenti est de 38°, c’est évocateur !!!

Du coup on  prend notre temps.

La visite de la maison inversée nous a  amusés pendant une heure, nous avons pris des poses qui donnent des photos rigolotes.

Le musée du textile est très intéressant, on y découvre les différentes façons de tisser ainsi que les costumes régionaux des différentes  ethnies de la Malaisie.

Puis nous ne pouvions pas quitter Kucking sans visiter le fort Margerita, du nom de l’épouse de Charles Brooke. Construit par Charles Brooke en 1879.  Destiné à dissuader les pirates, il a été efficace et pourtant pas un seul boulet de canon n’a été tire de ce petit fort.

En effet c’est James Brooke, le grand navigateur et aventurier qui, au 19éme  siècle ayant aidé le vice roi local  à réprimer une rébellion,  fut nommé le premier Rajah blanc du Sarawak avec pour capitale, le petit port de pêche qui est Kuching aujourd’hui.

Il obtient du sultan de Brunei plus de terres et réussit à pacifier la région. Les pirates sont excessivement nombreux ainsi que les chasseurs de tête. Les guerres tribales étaient la norme à cette époque. La dynastie  Brooke régnera jusqu’à l’arrivée des japonais en 1941.

La Old court house située au bord du fleuve Sarawak est également un bel édifice, reconvertit en restaurant chic, l’office de tourisme s’y trouve également.

Anny nous proposé de nous emmener visiter le parc national de Puka, et le centre de réhabilitation de la faune  Matan, et notamment des orangs outans.  

Matan est en pleine forêt, et les animaux sont dans des volières et les orangs outangs dans des enclos suffisamment grands pour qu’ils puissent se balader.

Pukan c’est  là encore un beau parc national, mais très pentu, c’est le royaume des grenouilles, elles ne sont visibles que la nuit. Nous n’avons pas eu de chance pour cette expédition car il a plus toute la journée, si bien que nous avons même renoncé à poursuivre la découverte du parc.

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Nous étions venus au Sarawak pour sa faune et sa flore bien sûr, nous attendions avec impatience le jour où nous irions visiter le par national de Bako. Eh bien c’est fait, c’est notre dernier jour dans cet état.

Nous partons donc à 8 heures en bus, il faut une trentaine de minutes pour arriver à l’embarcadère. Bako n’est pas sur une île, mais pour atteindre le parc il faut prendre un bateau.

Après 25 minutes de navigation  nous pénétrons  dans le parc   

Nous avons réservé une nuit, car selon les guides, il est très intéressant de faire la visite de nuit. On ne le regrettera pas.

Du coup,  on nous donne le plan des randonnées possibles, on nous attribue un bungalow, dans la forêt, c’est d’un calme !!!!!

Et nous voilà parti à la découverte de cette forêt vierge. Les premiers cents mètres sont bien balisés par des pontons de bois, puis tout d’un coup il faut grimper, descendre et encore grimper. Les arbres sont gigantesques, l’eau coule de partout, il fait une chaleur incroyable, c’est Bornéo !!

Notre première randonnée nous prendra 1h30 pour faire 1km !!!! On arrive sur une plage déserte, c’est superbe sauf que…il faut repartir.

On est un peu crevé quand même, quand Françoise voit un ranger sur la plage et lui demande si le bateau qui est au loin là bas peut faire quelque chose pour nous……..oui oui, à condition de payer. Pas de problème, on paiera, et hop nous voilà parti avec le pilote. Il nous propose même une petite balade afin d’aller voir le « See Stack », le rocher emblématique du Bako park national. Franchement on est vraiment contents de ce coup car repartir par la même voie, nous chagrinait.

La plage est magnifique, sauf qu’il est interdit de s’y baigner à cause des crocodiles de mer.

L’après midi, toujours en forme, on décide de faire une autre randonnée jusqu’à un point de vue. La randonnée est annoncée de 1300 mètres, bah, c’est faisable……. Oui mais 1300 mètres dans la jungle les racines, les rochers, les cours d’eau, ça use , mais quelle récompense à l’arrivée. Nous n’avons pas rencontré une seule personne sur ce chemin.

Notre nuit dans cet immense bungalow fut  réparatrice, autant le dire.

De retour au  camp de base, il est 16 heures, et là, les langurs argentés et les proboscis (nasiques) sont devant les bureaux. Ils se régalent des fruits des arbres environnants. Nous y voyons également des sangliers barbus, absolument inoffensifs pour l’homme. En revanche pour labourer le terrain, il n’y a pas mieux.

Le soir, après le dîner vers 20h30 nous avons fait la visite de nuit. 3 rangers nous accompagnent (10 personnes environ), et nous montrent la faune nocturne, ce soir ce sera d’énormes chauves souris, (renards volants), des araignées, scorpions, phasmes en tous genres, des énormes insectes, des oiseaux perchés endormis, deux serpents dont l’un de très belle taille.

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Chez les Bidayuh

Il est 8h15 quand Gregory , le frère de Saloma chez qui nous allons, vient nous chercher avec son 4X4.

Sur la route nous nous arrêtons au parc national de Semmengoh où vivent des orangs outangs en semi liberté. Il y en a 25, tous ont été sauvés de la captivité.

Nous aurons la grande chance d’en voir un, car actuellement la forêt regorge de fruits, du coup les orangs outangs ne viennent pas  sur les plateformes de nourrissage.

Il y a 20000 spécimens sur Bornéo et 1600 au Sarawak.

Puis nous reprenons la route, et une heure plus tard nous arrivons dans le tout petit village où nous passerons nos 3 jours. 200 personnes vivent la, tous de la même ethnie. Saloma nous accueille chaleureusement et nous montre notre chambre.

L’après midi sera calme, des trombes d’eau s’abattent sur le village. La rivière en contrebas de la maison est, jaune et boueuse. Saloma nous dit que ce soir nous ne pourrons pas prendre de douche car l’eau est trop jaune. Oui, car l’eau de la rivière sort sur tous les robinets de la maison. Ouf, pour boire, nous avons de l’eau en bonbonne.

La nuit fut calme, très calme, on entend seulement les insectes.

Premier matin, il est prévu d’aller à la ferme des parents de Gregory et Saloma. La famille est composée de 10 enfants.

Françoise ira seule car Alain est malade. Il reste se reposer.

Grégory emmène donc Françoise d’abord dans un champ d’ananas afin d’y récolter des fleurs et des herbes qui serviront au repas à la ferme. La récolte se fait dans de grandes feuilles assez molles.

Le terrain est très accidenté, la vie des gens ici est extrêmement rude, la chaleur et la pluie fréquente  sont fatigantes. Du coup de voir les paysans dans des champs très pentus en plein cagnard, ne permet pas de se plaindre.

Puis nous reprenons la route, le chemin est très glissant, la veille  c’était un torrent dit Gregory.

Après une heure de marche astreignante nous arrivons à la toute petite ferme des parents. Elle est en bambou, couverte de tôle, avant c’était en nipah, un palmier d’eau.

Ici ils vivent presque  en autarcie. L’eau  qui coule non stop, arrive de la montagne, elle est canalisée par des bambous.   

Leur petite ferme leur fournit le riz, tous les légumes et les fruits.

Certes la vie y est dure, mais tout va très doucement.

Ainsi, Françoise est accueillie très chaleureusement. La maman, commence alors la cuisine, qui sera essentiellement faite dans des tubes de bambous posés sur la braise. Le thé est fait avec  deux sortes de plantes, et sera également  chauffé dans le bambou.

Puis Françoise part avec le papa, il cherche de beaux bambous, bien gros. Il les rapporte à la ferme et commence alors à les couper. En fait c’est pour faire les gobelets qui serviront à la boisson.

Quand le repas fut prêt, au moins une heure et demie plus tard, les mets ont été mis dans des plats faits de feuilles très résistantes, qui se lavent après usage. Les assiettes sont de grandes feuilles collectées autour de la maison.

Le papa a fait cuire des cuisses  de poulet au barbecue, Il a mis des tôles sur le poulet, ainsi il était fumé, un vrai délice.

Pour conclure, le repas a été préparé uniquement avec les produits de la ferme, sauf le peu d’huile et de sel utilisés.

Le repas fini, c’est la sieste puis baignade dans le torrent d’eau fraîche.

Cette journée, mémorable restera un souvenir impérissable, dommage qu’Alain n’ait pu en profiter.

Soirée très calme.

Le lendemain Alain semble un peu mieux, du coup il accepte de venir faire la randonnée en forêt avec une halte à une jolie cascade. Là encore le terrain est difficile, mais le  paysage est somptueux. Nous croisons des paysans qui moissonnent à la main leur petite rizière, un travail de titan. Là on arrête de se plaindre !!!

Nous passons deux ponts Bidayuh, une technique ancestrale, mais qui est efficace. Saloma qui est notre guide, nous explique les plantes, les fruits, elle nous fait goûter des fruits de la forêt etc, un vrai régal.

Notre halte à la cascade est salvatrice. Les deux nièces et Saloma se baignerons, nous n’avons pas été assez courageux.

Nous demandons à Saloma pourquoi les maisons n’avaient pas de porte ?  Ici il n’y a aucun danger, et l’air pénètre mieux dans les maisons. C’est très humide, il faut sans cesse aérer.

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