Mompox

Dommage que les trajets soient si longs en autobus, mais enfin celui ci fut agréable car le confort du bus était impeccable, et heureusement car il nous a fallu 6 heures de Carthagène à Mompox.

En revanche le paysage n’est pas terrible, tout est desséché, la chaleur est insoutenable. Il y a beaucoup de fincas (fermes), et  les  troupeaux de zébus semblent fatigués. Les villages que nous traversons sont pauvres, les maisons sont recouvertes de palmes ou pire, de tôles, et avec la chaleur cela doit être insupportable.

Notre arrivée à Monpox fut rédempteur. Notre magnifique hôtel est au  bord du fleuve Magdalena, le plus long de la Colombie.

Martin, le propriétaire de l’hôtel nous disait que jamais  il ne l’avait vu aussi bas, si bien que la navigation s’en ressent.

Ce fleuve est aurifère et d’ailleurs devant l’hôtel on voit des orpailleurs. L’un deux avait une minuscule pépite dans un flacon.

Mompox fut jusqu’au début des années 1950, un village marchand, toutes les marchandises  des caraïbes transitaient par Monpox,  soit vers Carthagène soit sur Baranquilla.

L’avènement des routes asphaltées, et le boum du camionnage a fait que Mompox a perdu le monopole des transports. La ville  s’est alors  endormie, jusqu’à ce que le gouvernement décide de promouvoir ce village a des fins touristiques et culturelles. Oh, on est loin, des Salanto, Jardin et autres, et pourtant ce village a beaucoup à offrir, en terme d’histoire et de villégiature  sur les bords du grand fleuve.

Martin, nous disait qu’un pont sur la Magdalena était en phase d’être terminé  et que lorsqu’il sera fini, Carthagène ne sera plus qu’à 3 heures au lieu de 6 actuellement, et du coup le tourisme se développera beaucoup mieux

Gabriel Garcia Marquez se serait inspiré du village pour y écrire 100 ans de solitude. Cependant personne ne se souvient avoir vu l’écrivain venir à Monpox.

Chaque année, Monpox accueille un grand festival de jazz.

Nous nous sommes beaucoup plus dans cette  ville, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. Elle est considérée, comme le berceau de l’orfèvrerie colombienne. Son filigrane est admiré dans le monde entier.

Enfin, Simon Bolivar est venu à 6 reprises à Mompox et d’ailleurs ce village a été le premier a proclamer son indépendance en 1810.

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Carthagène des Indes

La ville incontournable  en Colombie !!!!!!

Carthagène fut fondée en 1533 par Pedro de Heredia, mais fut incendiée en 1552

Elle est la reine incontestée de la côte Caraïbe, dont la beauté est préservée par 13 kilomètres  de fortifications. Elle est inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

Las Murallas, ces énormes fortifications édifiées pour protéger la ville ont été commencées au 16ème siècle après l’attaque du corsaire anglais Francis Drake.

Avant cela la ville était dépourvue de protection. Il aura fallu deux siècles pour aboutir à la fin de  la forteresse soit 25 ans avant l’indépendance.

L’attraction principale de Carthagène est  incontestablement la vielle ville, notamment l’intérieur  de la ville fortifiée comprenant les quartiers historiques d’el Centro et  de San Diego.

Le quartier Gestemani, plus modeste certes, mais tout autant intéressant, abrite beaucoup d’hôtels et de restaurants, c’est d’ailleurs ici que nous avions réservé notre hôtel très sympa. Qui dit belle ville historique dit tourisme intense.

Un  vrai labyrinthe de très belles maisons aux balcons fleuris de bougainvillées qui dégoulinent le long des murs. Des églises magnifiques. La cathédrale  commencée en 1575, fut partiellement détruite en 1586 par les canons de Francis Drake. Elle a été restaurée en 2017 et aujourd’hui on peut admirer  le stuc peint aux reflets marbrés. Les palais aux magnifiques patios se succèdent, et sont devenus des hôtels haut de gamme. Les nombreuses places   où trônent des statues des conquistadors, mais également  celle de Simon Bolivar.

Nous ne manquerons pas le centre culturel Gabriel Garcia Marquez, l’immense écrivain  Colombien récompensé du prix Nobel de littérature en 1982. Son  buste en bronze est installé au centre de la cour.

Nous aurons beaucoup apprécié cette visite, mais la chaleur et le monde dans les rues ont été assez fatigants.  

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Rincon del Mar

Lors de notre séjour à Capurgana, nous avons rencontré un charmant couple de Toulouse, qui nous a parlé de ce bled paumé du bout du monde.

Du coup nous décidons de nous y arrêter deux nuits avant d’aller à Carthagène.

Nous ne serons pas déçus.

Ricon del Mar est à 2 heures de bus de Tolu. On descend à San Onofre, et là, il faut prendre soit un taxi, soit des motos taxis pour arriver à Ricon.

Le bus nous arrête donc à San Onofre, et là, une armée de jeunes garçons nous proposent de nous emmener à Rincon. Nos bagages sont lourds mais ils nous disent que ça n’est pas un problème. Il y en a déjà un qui a pris la valise de Françoise et l’a posée sur le réservoir. Ça ne nous enchante guère d’opter pour cette formule, quand……….un homme assez âgé nous dit qu’il fait taxi et qu’il peut nous emmener dans sa voiture. Evidemment les jeunes garçons sont déçus d’avoir raté cette course, mais nous, nous sommes ravis de partir en voiture.

Mais quand on voit la bagnole, on se dit qu’on arrivera jamais à notre destination tellement elle est «pourrie». A la nuit tombée Alain se demande même si la vieille renault est encore  équipée de phares.

Du coup, on bénira quand même ce chauffeur, car pour faire 17 kilomètres nous mettrons une heure sur une route rarement asphaltée, les nids de poules se succèdent, la poussière est envahissante. On pense à ce qu’aurait été le voyage en moto ???

Nous arrivons gentiment à Ricon, l’hôtel est sur la plage. Nous sommes dans une famille adorable, dommage que notre chambre soit si petite. En revanche nous avons un beau balcon.

Ici comme à Capurgana, il n’y a rien à faire.

Il s’agit d’une rue en sable et d’une plage d’au moins 10 Kilomètres. Les habitants sont cool, très très cool.

Nous prendrons une excursion de nuit pour aller voir le coucher des frégates dans la mangrove ainsi que le plancton  luminescent.

Cette expérience est totalement inédite. Il faut attendre la nuit pour sauter dans une eau chaude et agiter son corps et à cet instant, on voit autour de soi un nuage blanc, c’est le plancton.

Le retour de cette excursion sera très agité,  le moteur de notre bateau ne veut pas démarrer, du coup le capitaine nous fait passer dans un autre bateau à deux moteurs, et ceci en pleine mer et ça tangue dur !!!. Notre bateau sera tiré  par l’autre. Il fait grosse nuit, nous sommes plus qu’arrosé par les embruns  bien chauds, heureusement. La corde lachera 3 fois pendant le remorquage. Les marins  très courageux, doivent gérer  le pilotage et veiller à ce que le bateau en panne suive correctement le remorqueur, ce qui n’est pas évident du tout.

Enfin nous arrivons sur la plage de Rincon ,  heureux !!!

Cette parenthèse dans ce village  du bout du monde nous a permis de découvrir une autre facette de la Colombie profonde.

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Tolu et Mucura

Ne rien faire prend du temps…….. Nous n’arrivions même pas à gérer le blog.

Si vous avez tout suivi, nous sommes arrivés à Tolu dans la région de Sucré, après 5 heures de bus toujours trempés.

Une douche salvatrice et nous partons à la découverte de cette ville typiquement caribéenne.

Nous avions avisé en prenant un hôtel très confortable avec piscine afin de pouvoir être à l’aise.

Tolu c’est une ville de 40 000 habitants mais on se croirait dans  un village, très très peu de voitures, beaucoup de scooters et motos,

des charrettes à cheval et énormément de vélos taxis.

Les rues sont calmes, le soir les gens sont dehors devant chez eux sur leurs rocking chairs ; le parque central   est animé, l’église est pleine de  fidèles à la messe.

Les petits restaurants de rue sont nombreux, nous y mangerons les deux soirs, car les restaurants traditionnels sont rares.

Vous l’aurez compris, ici tout va doucement aussi.

Le long malecon (promenade de front de mer) est calme le jour, mais à la nuit tombée, tout comme le parque central, il s’anime et la musique est omniprésente.

Après deux jours à Tolu nous prenons une lancha pour aller dans l’archipel de San Bernardo d’une quinzaine  d’îles. Mucura et Tintipan étant les deux plus visitées. Nous choisirons Mucura où nous passerons une nuit.

La traversée prend deux heures, mais la mer est extrêmement calme et nous ne serons pas mouillés.

Avant d’arriver à Mucura, on nous débarque sur la minuscule île « Santa Cruz del Islote » d’un hectare et demi qui serait l’île la plus peuplée au monde avec 1500 personnes. On nous demande 5000 pesos pour la visiter. Si l’argent récolté  sert réellement à la population alors oui, c’est bien de faire ce stop, sinon c’est du mercantilisme pur. En fait il y a de nombreuses années cette population vivait sur une autre île qui a été infestée par des moustiques. Les gens ont du fuir afin d’éviter le pire, ils  se sont refugier sur cette petite île, mais au début ils n’étaient que 700.

On y trouve néanmoins une école, un dispensaire, une église et des petits commerçants. Les hommes sont pêcheurs ou travaillent sur Mucura dans le tourisme.

Sur le débarcadère, une  piscine est  installée avec des poissons, raies et un malheureux requin de 3 mètres. Il est proposé de se baigner avec ces animaux pour quelques pesos.

La démographie augmente sensiblement chaque année, alors la population agrandit l’île en utilisant des coquillages, de la roche mais également des déchets qu’ils entassent, c’est affligeant.

Mucura est une petite île corallienne, dont on fait le tour en une heure. La population vit de la pêche et du peu de tourisme. 

Nous avons choisi d’y passer une nuit, notre cabane est à 3 mètres de la mer, on s’endormira  au faible bruit du ressac. Le snorkeling à quelque mètres de la plage ne nous enchantera pas ; il n’y a rien  d’interréssant par rapport à l’Indonésie ou aux philippines en mer de Chine (n’est ce pas Nicole  ?????).

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Capurgana

Pour aller à Capurgana, il faut prendre le bateau ou le petit avion Bimoteur. Ce village et son voisin Sapzurro sont à l’extrême nord ouest de la Colombie, proches de la frontière Panaméenne, dans la région du Choco. La jungle impénétrable d’un côté et la mer de l’autre. On pourrait croire que ces villages sont sur une île.

Nous avons choisi le bateau pour nous y rendre.

Il s’agit d’une lancha équipée de 4 moteurs de 250 chevaux, des sièges en plastique, et pas de protection contre les embruns ou la pluie. Le décor est planté.

Dès 7 heures nous sommes à l’embarcadère, nos billets ayant été pris par l’hôtelière lors  de notre réservation à Necocli.

Sur le petit port  des femmes vendent des sacs en plastique afin de protéger les bagages. Nous en prenons, car après avoir lu quelques articles sur ce transport, on a préféré anticiper !!!

En fait la traversée d’une heure et demie se passe assez bien, la mer est houleuse mais on ne se fait pas trop mouiller.

Capurgana n’a pas de port à proprement parler, il s’agit d’un petit embarcadère et sortir du bateau est un brin sportif, car la mer est  démontée.  

On vient chercher nos bagages avec des brouettes, et hop nous voilà déjà installés dans notre mignon petit hôtel sur la plage. Ce sera Carmen notre maitresse de maison, toujours là pour nous rendre service.

Nous nous sentons déjà très bien. Café à volonté, possibilité de laver son linge, pas d’eau chaude bien sûr, nous sommes sous les tropiques, mais on s’habitue vite à la douche froide.

Coupures de courant  assez fréquentes, l’électricité est fournie par un générateur.

Pas de voiture ici seulement quelques motos, triporteurs et charrettes à cheval.

 Capurgana est un  petit village de pêcheurs mais depuis quelques années le tourisme se développe doucement, si bien que les gens se convertissent dans cette discipline.

Nous ferons de belles randonnées, dont l’une est assez difficile. Nous irons à Sapzurro par la jungle, nous sommes dans un parc  naturel national, le sentier a été très bien aménagé, sauf que la nature ici est maîtresse et on ne la dompte pas.

Du coup, nous empruntons  plusieurs escaliers de centaines de marches qui surplombent les rochers, puis nous reprenons des sentiers où les racines des arbres effleurent, cela donne un parcours très sportif, sans oublier la chaleur, nous avons englouti 3 litres d’eau en 5 heures.

Sapzurro est un village encore plus petit que Capurgana, il n’y a rien à faire, farniente, plage, promenade dans la jungle. Mais les autochtones savent très bien faire.

Puis nous avons continué notre randonnée jusqu’au Panama. Un poste frontière perché tout en haut d’une colline où les policiers  nous demandent nos passeports mais on ne nous les tamponnera pas. Et enfin, nous arrivons à La Miel, là aussi minuscule village, quelques maisons  colorées, une épicerie, une église, une école, le poste de police des frontières et rien d’autre.

        Le soir à Capurgana,  les gens jouent au Football ou au base ball. Sur la place du village. D’autres jouent au billard, aux dominos, ce qui semble être le sport local favori, ou jouent aux cartes.

Les personnes plus âgées sont devant chez elles, à discuter. Vous l’aurez compris, c’est un peu la dolce vita.

Ah !! Une chose très importante, c’est la musique, et attention, ces sont des centaines de décibels que vous recevez dans les oreilles au passage. Ludovic notre guide de Médellin, nous avait dit que sans musique, les Colombiens ne pouvaient pas vivre.

Seule déception ici, c’est que nous n’avons pas pu faire de snorkeling. Ce que nous ne savions pas, c’est qu’à cette saison la mer est très houleuse et qu’il est impossible de s’aventurer sur  les récifs. En revanche entre mai et juillet, c’est le paradis pour la plongée et le snorkeling.

Nous n’aurons profité de la plage et de la baignade dans une eau chaude qu’une seule fois. Mais on se réserve pour plus tard.

Un matin, tant la mer était houleuse on a vu un bateau appareillé de deux moteurs se retourner comme une crêpe. Immédiatement se sont des dizaines d’hommes solidaires qui ont aidé le capitaine à remonter le bateau sur la plage

Notre retour à Necocli fut  beaucoup plus sportif qu’à l’aller. Pourtant, le matin avant de partir, Alexandra, l’une des adorables employées de l’hôtel  nous dit que la mer est calme et que nous avons de la chance.

Chouette nous sommes bien contents. Sauf que…………. à peine à quelques centaines de mètres de l’embarcadère, les premiers embruns se font sentir, et pourtant la mer est calme, mais le vent est contraire. Pendant une heure  nous serons éclaboussés d’eau. Nous arriverons à Necocli TREMPES jusqu’au fond de la culotte et des chaussures.

Arrivés à Necocli , nous devons prendre un bus pour Tolu à 5 heures d’ici, vous voyez un peu le truc ????  trempés comme des soupes eh bien on l’a fait.

Les paysages de cette région n’ont plus rien à voir avec les Andes bien entendu. Ce sont des milliers d’hectares de bananeraies, des champs de coton, énormément d’élevage.  Monteria, sur la route, est la principale ville de Colombie pour le commerce du bétail.  

A 18 heures nous étions  dans notre chambre d’hôtel à Tolu, sous la douche.

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