Kochi (Cochin)

Nous sommes arrivés à Kochi vers 12heures, après 2 heures de bus local.

Nous n’avons eu aucun mal à trouver une Guest House, car nous avons voyagé avec un jeune couple de Suisses qui avaient passé 2 jours à Kochi et avaient une adresse à nous proposer.

Kochi a une histoire de plus  de 600 ans. Elle  est constituée d’une multitude d’îles que l’on rejoint soit par des ferries soit par des ponts. C’est une fusion entre un passé Portugais, Hollandais et Anglais liée au commerce des épices.

A  Fort Cochin, le quartier des épices est fort sympa, les camions  sont chargé à dos d’homme ou plutôt à tête d’homme puisque c’est sur la tête qu’ils portent ces sacs de 40 à 50 kg : Riz, gingembre, poivre, clous  de girofle, cardamone anis étoilé, cannelle, cumin, oignons,chillies etc. Ça fleure bon  l’exotisme, nos narines s’emplissent d’effluves d’épices et parfois même on éternue lorsqu’on passe devant les énormes sacs de piments.

Le long des quais, ce sont d’immenses carrelets chinois qui dominent le paysage. Ils  sont utilisés à marée haute, et il ne faut pas moins de quatre hommes pour les soulever, et souvent la pêche est bien maigre.

L es pêcheurs vendent directement leurs poissons et crustacés sur le quai, nous  avons acheté un   paquet de très grosses crevettes bien fraiches que nous  avons fait griller par un petit restaurant à deux pas de là.

Fort Cochin recèle de trésors architecturaux, une synagogue de plus de 400 ans, des mosquées,  des églises, des temples. En Inde, les religions se côtoient  harmonieusement.

La basilique Santa Cruz : date du 16ème siècle mais elle a été détruire et l’édifice actuel date de 1902. Elle est peinte  dans les tons pastel.

L’église saint François : date de 1503 et édifiée par des moines Franciscains. Vasco de Gama qui est mort à Cochin en 1524 y fut inhumé  pendant 14 ans, puis sa dépouille fut  transférée  à Lisbonne.

La synagogue Paredessi : Elle date de 1568, et fut détruite par les Portugais en 1662 et reconstruite 2 ans plus tard par les Hollandais. On peut y voir une magnifique collection de Lampes, dont le verre vient de Belgique. Au sol de très beaux carreaux de faïence provenant de Canton

Le palais de Mattancherry : Edifié par les Portugais en  1555 pour le roi de Cochin, puis les Hollandais le rénovèrent en  1663, d’où son nom de palais Hollandais. De très belles peintures murales subsistent mais auraient besoin de restauration, des palanquins magnifiques, dont un en ivoire sculpté.

Hier, lors de notre promenade en vélo, nous sommes « tombés » sur une fête religieuse Hindoue. Nous avons découvert 3 énormes éléphants parés de leurs plus beaux atours qui déambulaient dans les rues, accompagnés de musiciens. Bien qu’il y ait eu un monde fou à cette fête, la circulation routière n’en était pas stoppée. Les bus, tuktuks, voitures, passaient au raz des spectateurs et de la trompe des éléphants. Les policiers, nombreux pourtant, discutaient entre eux, sans pour autant gérer la situation.

Le kérala est célèbre pour ses spectacles de Kathakali. Ces  arts classiques datent  du 17ème siècle, et mettent en scène des thèmes basés sur la vertu et le vice, la fragilité et le courage, la pauvreté et la prospérité, la guerre et la paix. Le temps de maquillage est très long, les costumes sont fantastiques et les coiffures démesurées. La méditation avant la cérémonie  transforme les acteurs physiquement et mentalement en dieux et  démons  qu’ils vont interpréter. Les scènes sont accompagnées de musiciens et chanteurs.

Photos

ALLEPPEY : Les houseboats

Nous avons donc réservé un house boat pour 24 heures.

Alors ce matin ça commençait mal, à la Guest House, les garçons de restaurant avaient dû oublier de se lever, si bien qu’à 8heures les clients attendaient sagement sur la terrasse, quand l’un des serveurs plus matinal était devant l’ordinateur et un autre lisait le journal, mais ni l’un ni l’autre ne se souciaient  des clients. Au bout d’un bon moment l’un d’eux  est allé chercher un autre serveur qui est   simplement arrivé « la tête dans le sac » en nous disant qu’ils allaient se laver un peu et ils nous serviraient. Tous les touristes ont rigolé car c’est comme ça en Inde, il ne faut pas être pressé. Enfin nous avons pu avoir nos petits déjeuners.

Ensuite nous prenons un tuk tuk pour qu’il nous conduise au port, comme de bien entendu il nous demande si on avait réservé un bateau, au cas où il aurait pu nous vendre une location pour avoir sa commission, c’est le sport national ici !!!!. Nous lui confirmons que nous l’avions fait la veille, et que nous n’avions pas besoin de ses services. Bien que nous ayons insisté pour ne pas  qu’il nous conduise dans une agence de voyage, il   nous a tout de même déposé chez l’un  de ses potes qui loue des bateaux. Nous étions très en colère, car il  nous avait laissé loin de l’embarcadère. Alain pensait qu’il avait pris un raccourci, mais pas du tout. Le problème était que nous avions nos sacs à dos bien lourds et qu’il a fallu les porter  un bon bout de chemin.

Enfin nous sommes arrivés au bon endroit, et avons pu embarquer sans problème. Dès le début de la croisière nous avions déjà oublié les petits soucis du matin.

Ce sont des centaines de bateaux -maisons qui naviguent sur les quelques 900 kilomètres carrés de backwaters. Au début du voyage, de nombreux bateaux sont à la queue leu leu, mais très rapidement les uns et les autres prennent des destinations différentes et le calme  se fait sentir. Nous étions seuls sur ce bateau qui peut accueillir 4 passagers. 3 hommes d’équipage à notre service : le capitaine, le cuisinier, et l’homme de service qui s’est défini comme le « help you ».

La croisière , bien plus luxueuse que la balade d’hier  en bateau bus , ne nous a guère permis de voir d’autres paysages et scènes de vie quotidienne que la veille, si ce n’est que nous avions plus le temps d’observer, car le bateau navigue très lentement. Nous avions un très joli bateau avec un petit balcon d’où nous pouvions observer très loin. Nous avons été chouchoutés, et avons très bien mangé, mais sans exercice, les dégâts  seraient vite arrivés. Je veux parler de notre « ligne » que nous essayons de surveiller, bien que ce soit assez difficile car la cuisine indienne est excellente.

Photos

ALLEPPEY

Cette ville agréable est l’entrée des backs waters. Elle a été fondée au 18ème siècle pour le commerce des épices, mais depuis 1970, il n’y a plus de commerce import /export par la mer ni par les canaux. Cochin a pris la relève.

Alleppey est donc célèbre surtout pour ses backwaters . Nous profiterons donc d’être ici pour louer un « house boat » et passer une nuit dans les backwaters. Ces fameux house boat ont été développés depuis la fin du commerce du riz et épices par les canaux, ce sont en fait des anciennes barges à riz reconverties en très beaux bateaux de croisières. Maintenant les bateaux sont construits pour être des House Boats.

Nous sommes allés sur la plage proche de la ville, et comme c’est dimanche, des MILLIERS d’indiens étaient venus passer la journée à la plage. Ah ! On ne pouvait pas confondre une plage pour touristes occidentaux et une pour Indiens. Dans le premier cas on ne voit que des gens en petit maillots de bain et nombreux dans l’eau et dans l’autre cas des gens très nombreux sur la plage, en saris, lunghis, et les enfants en jolies robes du « dimanche ». On croirait qu’ils n’ont jamais vu la mer tant ils sont surpris quand ils mettent un pied dans l’eau. Et quand quelques un se baignent c’est bien entendu habillés Une fois de plus, nous avons passé un bon moment à observer.

Sur la plage c’est le spectacle; les familles, venues au grand complet jouent, rient, mangent et laissent tous leur déchets autour d’eux , et ce sont les corbeaux à tête marron qui viennent ramasser les ordures.

Pour continuer la découverte d’Allepey, nous avons suivi un bon plan proposé par une Française rencontrée dans le train. En effet, on peut visiter les backwaters en bateau de croisière à raison de 300 roupies l’heure, mais il existe des bateaux -bus pour se déplacer de village en village, et là, c’est beaucoup moins cher, c’est 11 roupies pour 3 heures de voyage. Nous avons donc opté pour le bateau- bus public, certes beaucoup moins confortable que les bateaux pour touristes, mais alors quel régal. Le bateau s’arrête tous les 500 mètres pour prendre ou déposer des gens aux petits embarcadères. Dès 16 heures le bateau se remplit d’enfants qui sortent de l’école, évidemment ils veulent se faire photographier, et comme ils ne voient pas souvent de touristes dans cette embarcation, c’est très drôle pour eux.

Tout au long des canaux construits par des humains, on peut admirer les paysages :rizières à perte de vue, cocotiers bananiers, et les gens qui vivent en bordure de canal. L’eau de ces canaux est sale, très sale même, et pourtant …..Les Kéralais s’y lavent, lavent leur linge, et leur vaisselle. Les laitues d’eau tapissent parfois des canaux entiers, les lotus et autres belles plantes aquatiques se développent à grande vitesse.
Si cette région du kérala est très belle il est en revanche déplorable de voir l’état des canaux, Ils sont à l’image des rues, aussi sales. Les Indiens jettent tout dans l’eau, sans se soucier ni d’écologie ni d’hygiène. Ils ont un mode de raisonnement que nous ne pouvons pas comprendre. Lorsqu’on discute avec des touristes occidentaux, tous déplorent l’état de saleté de ce pays, et chacun s’étonne que le gouvernement ne prenne pas le sujet de l’hygiène en considération. Certes ce pays en plein développement économique a des priorités, mais l’éducation à l’hygiène devrait en être une !

Photos