Cuenca

La route qui va de Guamote à Cuenca est très tortueuse, les paysages sont sublimes, on est parfois dans le fond de canyons et parfois dans les forêts de nuages à plus  3500 mètres d’altitude, c’est très très beau. C’est la sierra du sud.

Nous arrivons à Cuenca 2506 mètres d’altitude. Très belle ville coloniale, certainement  la plus belle avec Quito.

Il fait bon, nous avons délaissé le pantalon et le polaire pour le short et le tee shirt.

Notre hôtel est dans le quartier ancien, ce qui est agréable.

Cuenca regorge de belles maisons coloniales,  musées, théâtres, églises, c’est la ville culturelle  Equatorienne par excellence. Nous nous y sentons bien.

Cuenca c’est également la ville du panama, ce chapeau de paille  qui est d’ailleurs  inscrit au patrimoine  culturel immatériel mondial  de l’UNESCO.

En fait ce chapeau a été crée à la fin du 19ème siècle, par les équatoriens, pour les ouvriers qui construisent le canal de Panama afin de se protéger du soleil, d’où le nom de ce chapeau  de paille. Il est en fibres  de paja de toquilla. Le terme de panama ne s’applique  pas à une forme mais à une matière. Plus les fibres employées pour la fabrication sont fines, plus le panama coûte cher. Certains modèles peuvent demander 8 mois de travail, les fibres utilisées sont alors  extra fines. Evidemment les prix peuvent atteindre des sommes astronomiques.

En 1906  Théodore Roosevelt porte ce chapeau  lors de sa visite aux  chantiers du canal, ce  qui le  popularisera. Les Français l’adoptent rapidement et il parait que le mot Panam, qui  désigne la ville de Paris, viendrait du nom de ce chapeau.  

Nous avons visité la fameuse fabrique de Homero Ortega, qui a été crée en 1887.

Nous sommes tombés sous le charme de ces chapeaux indémodables et sommes repartis avec chacun notre Panama.

Le quartier du rio Tomebamaba bordé de très belles maisons anciennes est très agréable, et bien aménagé.

La cathédrale, construite en la fin du 19ème siècle est impressionnante, trois dômes de céramiques la coiffent.

La plaza San Francisco  est en réfection, du coup nous n’avons pas pu la visiter correctement.

Outre la visite de Cuenca, nous avons pris des bus pour visiter des villages environnants, dont l’un d’eux nous a laissé sans voix. Il s’agit de Chordeleg.

 Ce village était déjà réputé  pour ses bijouteries bien avant l’arrivée des Incas soit au 16éme siècle. Il est réputé pour ses bijouteries. Le filigrane est la caractéristique de la bourgade.

On n’a pas compté le nombre de bijouteries, mais on pense qu’il y en a bien une centaine pour un bled de quelques milliers d’habitants.

Le village est très propre, la place du village parfaitement arborée. Les maisons sont belles, bref, on croirait avoir quitté l’équateur pour la Suisse.

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Guamote

Ce village à 40 kilomètres de Riobamba est intéressant pour son marché du Jeudi. Du coup nous sommes arrivés mercredi midi, et logeons  dans un  charmant  petit hôtel, de toute façon on n’a pas eu  beaucoup de choix car il n’y en a que deux dans le village.

Actuellement Guamote est en GRAND chantier, et le mot est faible. En effet, des travaux de réfection des rues est en cours.

Auparavant les rues étaient en  terre, désormais elles seront pavées, ah mais pas avec n’importe quel pavé, des trucs qui pèsent au moins 15 kg pièce.

Mais ce qui est effarant, c’est que toutes les rues sont en travaux, si bien que pour la circulation c’est quelque chose. Heureusement  que les voitures sont pour la plupart des 4X4, et qu’ils peuvent rouler sur les tas de sable gros cailloux, etc ………

Pour le marché du jeudi, les travaux cessent afin de laisser la place aux exposants.

Etant arrivés à 11 heures, nous avions tout l’après midi pour nous balader dans ce bled paumé  très pentu, donc fatigant pour nos jambes  de Français des plaines, nous avons fait le tour du village, en enjambant sans arrêt les tas de terre et de pavés, et  en respirant la poussière produite par les voitures .En revanche, les gens sont toujours aussi charmants et nous disent tous bonjour, certains s’exercent à nous demander d’où on vient. Il faut dire que nous devions être les seuls touristes dans Guamote.

Ici vivent 96% d’indigénas, on voit beaucoup de très jeunes filles avec leur bébé attachés dans leur  dos.

L’école est pleine d’enfants, on en voit partout.

Diana notre guide du Cotopaxi nous disaient que les indigénas avaient des enfants dès 13 ou 14 ans et qu’à 20 ans elles en avaient déjà 3. On pourrait supposer que le planning familial  n’est pas un projet pour le gouvernement. Mais après recherche il semblerait que Correa, le président de la république actuel, socialiste et catholique pratiquant, serait favorable à l’abstinence. Une ineptie selon certaines associations caritatives et les opposants au président, car chez lez indigénas, c’est culturel que de faire des enfants très tôt. Du coup personnes ne s’en occupe vraiment et la démographie augmente toujours chez les indigénas.

Ceci étant dit, nous nous sommes plus que régalés de ce marché extraordinaire, et s’il n’y avait qu’un marché à voir en Equateur ce serait absolument celui de Guamote.

Dès 8heures du matin les exposants sont dans toute la ville, y compris sur la voie de chemin de fer.

Les camions défilent par dizaines pour emmener les bêtes sur un immense terrain à l’extérieur du village et dans l’arène de corrida. Les animaux se vendent à grands coups de dollars qui passent de mains en mains. Ce sont des centaines et centaines de bêtes qui sont exposées chaque jeudi, et autant dire que  ça fait du bruit.

Au marché aux légumes, idem, ce sont des montagnes de fruits et  légumes, et on a contrasté que les légumes étaient énormes, on suppose que les engrais chimiques sont largement utilisés, hélas !

Le marché aux vêtements est très beau aussi, on peut y acheter chapeaux, ceintures brodées, jupe en laine, corsages brodés,  ponchos, etc ……….

Les costumes des gens sont différents selon les villages  d’origine.

Nous garderons un excellent souvenir de ce marché très haut en couleur.

Le marché de Guamote

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Riobamba

Nous quittons Banos sous le soleil. La route qui nous mène à Riobamba est magnifique, les cultures sur les flancs de montagne sont étonnantes, les vaches qui paissent dans les champs ont intérêt de ne pas avoir le vertige, car elles sont dans des pâturages à pic.

De très loin on voit le toit de l’équateur, le Chimborazo, qui culmine à 6310 mètres.

Un énorme glacier le coiffe, les neiges y sont éternelles. Les indigénas de la région l’appellent « Taïta » (le père).

Nous logeons chez Nancy, Airbnb. Elle est absolument très drôle et très chaleureuse. Nous avons un appartement d’au moins 80 mètres carrés, et de la terrasse on contemple rien de moins que 4 volcans enneigés, c’est absolument merveilleux. Ce qui nous étonne, c’est qu’à Riobamba il fait vraiment chaud, alors que nous sommes à 2750 mètres d’altitude. A Quito il faisait plus froid à seulement  2820 mètres pas beaucoup plus haut qu’ici. Si quelqu’un peut nous expliquer cette énigme pour nous, on  est preneur.

Selon nous, Riobamba n’est pas une ville extraordinaire. Nous y avons visité le musée des arts religieux situé dans un ancien, bien joli couvent et le quartier de la cathédrale.

Nous sommes ici, surtout, pour aller visiter des villages environnants.

Ce matin nous avons pris le bus, très local pour aller dans un tout petit village sans intérêt majeur, mais nous voulions nous immerger un peu dans un bled paumé, surtout pas touristique. Nous avons été accueillis  très chaleureusement, tout le monde dit bonjour et un monsieur est même venu nous serrer la main et nous souhaiter la bienvenue. Pulingui, c’est le nom du village vit tranquillement de la culture. Les rues ne sont pas goudronnées, et personne n’a entendu parler du tout à l’égout…………

En revanche l’école est immense, nous supposons que les enfants des hameaux alentours viennent en classe  à Pulingui.

Nous étions près de l’école  à l’heure de la récréation. Des femmes viennent vendre des  petits plats chauds cuits sur place et friandises aux enfants.

Elles ont leurs victuailles dans une brouette et passent les petits repas aux enfants à travers les trous du grillage de la cour d’école. Certains parents apportent eux même la collation à leur progéniture, tout ça est assez cocasse pour nous. Si les écoliers et lycéens des villes portent l’uniforme, ici à Pulingui, les enfants sont habillés comme ils le souhaitent ou plus tôt, comme ils le peuvent.

Nous avons vus quelques enfants qui n’étaient pas à l’école, mais qui travaillaient. Ils chargeaient des sacs de terre dans le haut du village, et  les descendaient dans le bas.

On ne sait pas pour quel usage étaient prévus ces sacs horriblement lourds pour des gamins de 9 ou 10 ans.

De retour à Riobamba, nous avons repris un autre bus pour aller à la laguna de la Colta.

Il s’agit d’un très joli lac, très bien aménagé, ou poussent les mêmes roseaux que sur le lac Titicaca de Bolivie.

La colta est  l’origine de la ville de Riobamba, mais en 1797 un tremblement de terre la détruisit, il  reste  que la façade de l’église. Riobamba  a été reconstruite à son emplacement actuel, soit à 17 kilomètres plus loin.

Riobamba

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