Bagan

L’arrivée à Bagan se fait sur un débarcadère de fortune, le bateau accoste au bord du fleuve, une planche est mise sur la rive et sur le bateau et, voilà, c’est tout, il faut sauter. Étant donné que le lit du fleuve est très bas actuellement, les voyageurs sortant du bateau doivent grimper le long de la berge avec leurs bagages ; Il y a pléthore de petits porteurs qui proposent leurs services, et heureusement car les personnes âgées auraient bien des difficultés. Ce genre de débarcadère nous a fait repenser à celui de Pakbeng sur le Mékong au Laos.

Puis arrivés sur la terre ferme, il a fallu s’acquitter des 20 dollars exigés par le gouvernement pour visiter la région de Bagan. Là nous n’avons pas pu l’éviter. C’est vraiment du racket mais nous tenions absolument voir ce site grandiose.

Je ne sais plus si je l’avais mentionné pour le lac lnle, mais il fallu également donner 10 dollars pour séjourner là bas.

Pour arriver à l’hôtel, des jeunes gens nous ont proposé un taxi, nous avions fait la connaissance de Danois sur le bateau, alors nous avons décidé de partager le prix du taxi pour aller au même hôtel. Les jeunes gens nous disent « OK, pas de problème pour 4 personnes et les bagages ». Mais quand nous avons vu les taxis nous avons bien ri car chacun avait le sien puisqu’il s’agissait d‘un trishaw. En fait il prenait une personne et ses bagages sur un trishaw et ainsi de suite.

1ère journée à Bagan

Ce matin nous avons décidé de rester 5 nuits à Bagan au lieu de 4. Le plan que l’on nous a donné est tellement grand, que 4 jours ne seront pas de trop pour visiter cette région.

Nous avons une fois de plus loué des vélos, mais ceux là sont nettement moins bien que ceux d’Inle, ils n’ont pas de vitesse, si bien que les cuisses ont fort à faire, et les routes sont toujours aussi mauvaises.

Bagan c’est plusieurs dizaines de kilomètres carrés ou sont construits plus de 2000 temples datant de mille ans à 700 ans. Cette plaine est surréaliste, surtout au coucher du soleil. Nous avons gravi un temple et profité du coucher du soleil, c’est franchement magique. En revanche demain, nous avons décidé de mettre les tongues, et laisser les chaussures de marche à la chambre. En effet, il faut se déchausser à chaque fois que l’on entre dans un temple. A la fin de notre journée nous savions parfaitement lacer nos chaussures tant il a fallu se déchausser.

Il fait très chaud à Bagan, 32° environ, alors vers midi nous nous sommes arrêtés dans un petit restaurant très sympa, près d’un temple. Le patron nous a fait garer nos vélos à l’ombre. Puis à la fin du repas il est allé chercher 2 oreillers qu’il a installés dans 2 chaises longues en bambou, pour que nous fassions la sieste. Il nous a dit qu’il faisait trop chaud pour reprendre la route.

Bien des restaurateurs Français devraient venir faire un stage de marketing au Myanmar

II nous semble que nous avions dit que le rhum de Birmanie n’était pas mauvais, alors ce soir nous nous sommes fait notre petit cocktail dans la chambre puis, sommes partis au même restaurant qu’hier soir. Et comme chaque soir nous avons commandé notre « Myanmar bier » de 660 millilitres.

Ce fut renversant pour Françoise. Elle n’a pas pu terminer sont repas à cause d’un petit dérangement sans gravité. La patronne du restaurant lui a apporté un bâton de « Vicks vaporub » pensant certainement au pouvoir magique de ce produit et lui a proposé un citron chaud. Elle était très ennuyée de voir la cliente en « déconfiture »

2ème jour à Bagan

Ce matin nous avons profité d’une super connexion à Internet, nous avons même la Wifi dans la chambre, ainsi nous avons pu mettre le blog à jour.

L’après midi a été consacré à la visite de la ville de Nuang U : Son grand marché, les rives de l’Irrawaddy et la vie qui s’y déroule. Les Birmans ne sont ni gros ni grands, mais ils sont très forts. Ils portent des charges tellement lourdes que parfois elles sembleraient plus lourdes qu’eux.

Par exemple, nous avons vu une équipe de jeunes gens charger une barge de sacs de riz de 50 kg. Ils s’élançaient de la berge, passaient une passerelle large de 25 cm environ pour atterrir sur la barge, un vrai travail de forçat.

Pendant ce temps, les femmes lavent leur linge dans une eau couleur café au lait, et quand la lessive est terminée, elles prennent la brosse à dents, le savon et font leur toilette.

A propos de force, ce qui nous a choqué, c’est de voir les femmes empierrer les routes. Les très gros cailloux sont déchargés des camions à la main, puis cassés au marteau par les hommes. Enfin les femmes les chargent dans des espèces de gamelles qu’elles portent sur la tête, puis les installent sur la future route en les calant les uns au autres. Idem, pour la construction des maisons, les femmes, transportent des briques sur leur tête. Elles installent d’abord 2 briques, puis quand elles sont bien en équilibre elles en mettent 2 autres et ainsi de suite jusqu’à 10 énormes briques, qui selon pèsent plus d’un kilo chacune.

L’ergonomie au travail n’est certainement pas la priorité du ministère de la santé, pas plus que la protection de l’environnement. Un semblant de campagne pour le recyclage du pastique est faite, mais les moyens donnés à la population pour le réaliser reste utopique.

 3ème jour à Bagan

Tout compte fait nous resterons 6 nuits à Bagan dont les découvertes sont inépuisables.

Nous reprenons les vélos et partons découvrir les trésors de cette région. Bagan, c’est la grande Histoire, les petites histoires que nous racontent les jeunes et moins jeunes rencontrés par ci par là. Bagan, c’est la poussière, le soleil, les bons petits plats, bref on est bien ici.

Nous avons visité une petite manufacture de laque, c’est la spécialité de Bagan. Les ouvriers pourraient prétendre au concours du meilleur ouvrier de France tant leur travail est parfait. Les différentes étapes de fabrication nécessitent 4 mois de travail pour réaliser un objet usuel, tel un gobelet ( à bière par exemple !!!). La gravure sur la pièce est un travail extrêmement minutieux. La base de l’objet en laque est en bambou pour les pièces sphérique ou cylindriques ou en bois pour les boîtes ou les coffres. La main d’œuvre n’est pas chère ici , sinon toutes ces magnifiques pièces vaudraient des fortunes.

Le patron nous a dit qu’il exportait en France, en Angleterre et aux USA.

4ème jour à Bagan

Nous flânons un peu ce matin, si bien que nous ne partons qu’à 10 heures, et il fait déjà chaud, nous retournons à pieds cette fois vers les temples de « old Bagan ». Comme nous disait un Suisse de Bâle « je vais à pieds car le vélo ça va trop vite » eh bien il a presque raison. Nous avons pu, tout au long de la route observer les cueilleuses de coton, celles qui coupent méticuleusement l’aloès, cette plante grasse très utilisée en cosmétique. Les hommes sont dans les champs, ils chargent de la paille sur leurs charrettes à bœufs. Les femmes, sur une place remplissent des petits sacs d’avoine que les cochers viennent acheter pour leurs petits chevaux. A Bagan, il y a énormément de calèches. Les touristes les utilisent mais surtout les Birmans. Ce sont des taxis écologiques, chaque cheval a son panier à crottin accroché près du postérieur, si bien que la route reste propre et le crottin sert pour les jardins ; pas mal, non ?

Les sculpteurs sur bois, les fabricants d’ombrelles, bien que ce ne soit pas la région principale de fabrication, ont leurs ateliers qui donnent directement sur la rue, nous admirons ainsi leur savoir faire.

Nous avons visité également un musée/boutique de bijoux et objets en bois pétrifié, absolument magnifique.

Les petits enfants nous interpellent pour nous vendre les dessins qu’ils ont fait au format carte postale. Bien entendu on ne peut que craquer devant ces « chefs d’œuvre »

Comme tous les soirs, nous avons dîné dans le même restaurant, bon et pas cher. Les propriétaires nous connaissent bien maintenant et nous accueillent avec beaucoup de sollicitude.

Photos

Mandalay

A l’arrivée à l’aéroport, nous avons choisi d’aller à Mandalay en bus. Nous montons dans le premier que nous voyons, mais ne savions pas où il s’arrêterait exactement, et il était déjà 18heures. J ’ai demandé à une Birmane quand partait le bus, personne ne le savait, alors un homme a demandé au chauffeur qui jouait au foot devant son bus avec des copains, (le ballon étant une bouteille en plastique vide). Le chauffeur dit « nous partons dans 20 minutes » et il repart jouer.

Alors inquiète, j’explique à une passagère que nous avons réservé une chambre et que je craignais qu’elle ne soit pas gardée si nous arrivions trop tard. Aussitôt elle transmet à un gars qui crie au chauffeur de venir et de partir. Ce qui fut fait dans la minute.

Puis, le garçon qui fait payer dans le bus me demande dans quel hôtel nous allions, nous  lui donnons  le nom, mais il ne semblait pas bien connaître, alors, il demande à l’ensemble des passagers si quelqu’un connaissait l’hôtel en question. Mon voisin de couloir connaissait, si bien que le bus nous a laissé à un carrefour de cette grande ville. L’homme qui connaissait l’hôtel est descendu comme nous, a demandé un taxi pour nous, et hop, 5 minutes plus tard nous étions sur la plate forme d’une camionnette, faisant fonction de taxi, pour aller à L’hôtel.

Au dîner, dans un petit resto, où les birmans sont nombreux, nous dînions en face de l’un d’entre eux. Bien entendu il se met à parler avec nous. Il nous demande quels sont nos projets de visite dans Mandalay. Nous lui expliquons ce que nous souhaitions faire, il nous explique que son frère est chauffeur de taxi et que demain, il peut nous faire visiter la région. Nous nous mettons d’accord sur le prix, l’heure de départ et d’arrivée, et hop ! Une fois de plus l’affaire était conclue.

On ne se sent jamais perdu dans ce pays, tant les gens sont chaleureux et toujours prêts à rendre service.

 2ème jour à Mandalay

Comme convenu, le chauffeur de taxi « officiel » était devant l’hôtel à 8H30. Son taxi se résume à une vielle « guimbarde bleue ».  Nous grimpons derrière, assis sur des petits bancs et nous voilà partis pour une journée qui se révélera excellente.

Tout d’abord il nous dépose devant la Pagode Mahamuni qui est l’une des plus importantes du Myamnar. Un énorme bouddha assis dont le corps est recouvert d’une quinzaine de centimètres de feuilles d’or que les pèlerins ont déposées au cours des années. La tête est épargnés, et chaque matin à 4 heures les moines lui lavent le visage et brossent les dents. Non, non, ça n’est pas une légende.

Les femmes n’ont pas le droit d’accéder au bouddha, elles prient à distance et si elles veulent déposer des feuilles d’or elles le font faire par un homme.

Juste à côté de la pagode nous avons observé les tailleurs de marbre qui réalisent de véritables prouesses.

Notre route continue ver la colline de Sagaing, où, après avoir gravi 400 marches, nous étions récompensés par la vue. Au sommet se dresse, une pagode et sur la pente et dans la vallée 500 autres pagodes et monastères où vivent 6000 moines.

Notre chauffeur de taxi nous a ensuite emmenés à Inwa, cité ancienne, nous avons pris une barque pour traverser le grand fleuve lrrawaddy, puis en calèche nous avons visité quelques temples de la période d’Angkor. Nous avons refusé de voir celles qui sont payantes, car l’argent va directement dans les caisses du gouvernement. Nous essayons dans la mesure du possible de boycotter les sites gérés par la junte.

 Le pont U Bein à Amarapura

Cette magnifique passerelle en teck, long d’1,2km, surplombe les eaux peu profondes d’un lac.

L’édifice résiste depuis deux siècles à l’épreuve du temps et demeure le plus long pont en teck du monde. Il est emprunté par de nombreux birmans et notamment par les moines qui vont d’un monastère à l’autre. Nous avons loué une petite pirogue pour photographier, un véritable émerveillement.

A propos de l’lrrawaddy, les derniers dauphins d’eau douce du monde sont dans ce fleuve. Ils ne seraient plus que 37 à vivre dans ses eaux.

 3ème jour à Mandalay

Ce matin nous avons pu vous envoyer avec retard l’article sur Kengtung, la connexion était assez rapide.

Puis nous avons utilisé un trishaw pour nous promener dans la ville qui n’est pas très intéressante hormis quelques sites religieux. Nous ne visiterons pas le palais de Mandalay, car refusons de donner 20 dollars au gouvernement. Nous avons rencontré plusieurs voyageurs indépendants ayant la même attitude que nous. Au Myanmar, le trishaw est un vélo side-car, un passager est face à la route et l’autre à l’arrière. Le chauffeur a donc ses 2 passagers à côté de lui.

Nous avons visité un très ancien monastère en teck ; dans la rue adjacente les petits artisans taillent le jade, cette belle pierre semi précieuse, et un peu plus loin, une très beau magasin d’état où sont vendus des bijoux et des énormes pierres de jade. Les prix sont exorbitants pour les Birmans, et pourtant ce ne sont pas les artisans qui récoltent les fruits de ce luxueux commerce. Ils vivent dans des conditions très rudimentaires. Leur atelier est dans la même pièce où mangent, dorment toute la famille, la lessive se fait dans la me. Nous pensons une fois de plus que ces gens sont largement exploités. Puis, poursuivant notre chemin nous avons découvert la fabrique des feuilles d’or pour l’application sur les bouddhas. Selon la grandeur de la feuille d’or, l’ouvrier frappe d’une demi-heure à 6 heures consécutives les petites plaques d’or insérées entre 2 feuilles de papier. C’est un travail absolument titanesque.

 Voyage entre Mandalay et Bagan

Nous avons choisi d’aller à Bagan par la vois fluviale.

Un ferry part tous les jours de Mandalay à 8heures pour arriver à Bagan à I6 heures. Ceci pendant la mousson ou juste après. Actuellement, les eaux sont très basses si bien que nous sommes arrivés 18h au lieu de l6 heures. Le commandant de bord doit être extrêmement vigilant afin de ne pas enliser son navire dans le sable.

L’Irrawaddy est long de 2000 kilomètres et compte parmi les grands fleuves navigables du sud est asiatique. On y croise d’énormes barges chargées de gros bidons, de bois exotique, des pierres qui ressemble à du granit, ou c’est peut être du jade ??‘? Et bien d’autres matériaux et matériels. Les pêcheurs dans leur barque ou sampans sont bien petits face à ces mastodontes. Sur les berges vivent des nomades qui construisent des petites chaumières en paille le temps de la saison sèche, aux premières pluies elles disparaissent et les gens vont plus loin. Ils cultivent des légumes sur les pentes sableuses et sur le plateau nous avons vu du maïs. Les buffles d’eau paissent entre deux bains dans le fleuve.

Photos

Kengtung

Il est 7 heures, nous quittons notre jolie petite guest house, les moines sont en longues colonnes dans les rues de la ville pour faire l’aumône. Chaque habitant donne tous les jours de la nourriture pour leurs repas de midi.

Sur la route qui mène à l’aéroport de Heho, nous croisons beaucoup de femmes qui partent aux champs, elles ont leur coupe coupe dans une main et dans l’autre leur gamelle pour le déjeuner, coiffées de leur grand chapeaux de paille et tout le visage maquillé de tanaka. Les bœufs tractent leurs charrettes vides. Il nous faut environ une heure pour arriver à l’aéroport de Heho qui ressemble plutôt à un petit aérodrome.

L’annonce pour l’embarquement est très rustique, elle se fait à l’aide d’un petit panneau porté par un garçon qui annonce au mégaphone le N° de vol en anglais incompréhensible et en Birman.

 Kengtung

Si pour réserver nos billets ce ne fut pas simple, eh bien pour y arriver non plus. Nous avons embarqué à l’heure prévue dans un ATR rutilant, les sièges sont en cuir et en très bon état. Après une petite heure de vol, l’avion se pose et Alain me dit que de gros avions doivent de poser ici, c’est bizarre. En effet, nous n’étions pas à Kengtung, mais à l’aéroport international de Mandalay.

Aussitôt j’appelle le steward et lui demande ce qui se passe puisque nous avions acheté nos billets pour Kentung. Il me répond qu’effectivement nous irons bien à Kentung, mais l’avion doit d’abord passer à Mandalay, puis Tachilek (la ville frontalière avec la Thaïlande) et enfin Kengtung. Nous étions rassurés. Si bien que nous avons fait 3 décollages et 3 atterrissages en très peu de temps.

Dans l’avion de Mandalay à Kentung, nous n’étions que 4 occidentaux, les autres étaient des asiatiques. En arrivant, nous avons fait la connaissance du jeune couple, Suisses. Ni eux ni nous mêmes ne savions que nous ferions des escales pour arriver ici. Bref, notre voyage s‘est tout de même très bien passé. A l’arrivée on nous attendait pour nous emmener à la guest house que nous avion réservée d’Inle. Les suisses ont demandé à profiter du tuk tuk pour aller à leur hôtel.

Quand nous sommes arrivés à la Guest House, nous avons été très déçus. Il n’y avait qu’un jeune homme pour nous accueillir et qui ne parlait pas un mot d’anglais. Nous lui avons demandé à voir la chambre, alors sans problème il nous a ouvert deux chambres aussi sales l’une que l’autre.

Nous avons annulé la réservation. Pendant ce temps la propriétaire est arrivée, nous lui avons dit que son hôtel ne nous plaisait pas, eh bien avec un grand sourire elle nous dit que cela n‘était pas grave si nous ne restions pas chez elle. Nous avons pris un taxi pour aller dans l’hôtel des suisses, plus cher mais nettement mieux.

Nous nous sommes donc organisés de suite pour obtenir nos vols pour Mandalay dans 3 jours, mais, le vendredi il n’y a pas de vol, alors nous repartirons le samedi. Puis nous avons fait un tour de ville, il y a des temples à tous les coins de rue. Les moines portent la robe safran. Dans cette région ils choisissent la couleur de leur robe soit rouge soit couleur safran.

En soirée nous avons retrouvé nos amis suisses afin d’organiser le trek du lendemain. Nous aurons un guide qui nous emmènera en montagne à la rencontre de tribus minoritaires.

Trek autour de Kengtung

Dès 8H30 nous sommes partis avec nos jeunes amis Suisses, en minibus, Notre guide a du prendre les permis délivrés par les autorités afin que nous puissions visiter les tribus, puis direction le marché où nous avons acheté notre repas du midi.

Nous avons roulé environ une heure dans des chemins de terre très cahoteux pour enfin arriver près d’un village de la tribu des Eng. Il a fallu marcher un peu pour atteindre le village. Nous avons été accueillis par des femmes, des enfants, des chiens et des cochons. Les maisons sont en bambous sur pilotis, couvertes soit de petites tuiles de terre séchée soit de chaume. Les femmes tissent des petites étoles qu’elles essaient de vendre aux quelques touristes de passage et les hommes vont aux champs. Chaque famille à environ 4 à 5 enfants, qui ne vont pas à l’école, personne ne sait lire dans ces tribus. Quelques personnes comprennent le Shan, le dialecte de l’état, mais en aucun cas le Birman.

Ils vivent tous très pauvrement, leurs seules ressources sont la culture du riz, des citrouilles des pois, des fèves et l’élevage de quelques bêtes. Les cochons sont nombreux ainsi que les chiens. Ces animaux figurent à leur alimentation. Nous avons vu de jeunes porcelets téter une chienne.

Puis, filant notre chemin, nous nous sommes rendus dans un autre village plus petit et plus difficile d’accès, ce sont des Akhas qui nous ont accueilli, leurs habits traditionnels diffèrent des précédents, les femmes fument la pipe. Tout comme dans le précédent village, les vieilles femmes étaient à la maison ; les jeunes et les hommes dans les champs. Dans ce village y est construite une église Baptiste, un prêtre local officie. Les akhas, ont été évangélisés mais sont néanmoins animistes. Ils arrivent à concilier toutes leurs croyances.

Le 3ème village que nous avons visité est Shan, beaucoup plus grand que les autres et plus riche, les maisons sont toujours en bambou mais plus grandes et les habitants ne portent plus le costume traditionnel.

Au cours de ce trek, nous avons visité deux monastères de novices. Ces enfants sont là pour un certains temps, selon le choix des parents. On peut être novice de quelques jours à quelques mois. Il est toujours de bon ton pour un bouddhiste d’avoir été moine quelques temps dans sa vie. Notre guide qui est Shan nous a expliqué qu’il y avait été deux fois à l’âge de Io ans, car sa mère avait pu l’allaiter avec ses deux seins, alors pour son équilibre psychologique et être en harmonie avec les préceptes bouddhiques il a du être deux fois novices.

2″’ jour à Kengtung

Ce matin nous prenons un tuk tuk en compagnie de nos amis Suisses que nous trouvons très sympathiques, pour nous rendre au marché. Il est immense et on y trouve de tout comme sur tous les marchés du Myanmar. Il n’existe que très peu de super marchés dans ce pays.

Nous ne verrons pas beaucoup de femmes habillées en tenues traditionnelles, et d’ailleurs nous remarquons que gens sont même habillés à l’occidentale, les jeunes portent tous des jeans et les filles des mini jupes. En fait cette ville est faite de contrastes.

Nous avons réservé un trek pour demain, avec Katrin et Marco, nos jeunes amis Suisses, nous irons rencontrer d’autres ethnies minoritaires. Le guide que nous avons pris nous a offert un tour de marche’ du soir et nous a expliqué ce que nous voyions sur les étals des marchands, ce qui fut fort intéressant.

Nous avons dîné avec Katrin et Marco dans un petit resto local, et avons passé une excellente soirée. Katrin nous a raconté l’un des ses nombreux voyages en solitaire dans le monde. En chine, par exemple où personne ou si peu de personnes parlent l’Anglais. Elle est aguerrie en ce qui concerne le voyage en solo, si bien que rien n’est insurmontable. Nous avons beaucoup ri.

Nous lui disions que nous étions étonnés du nombre de filles qui voyagent seules dans le monde. Elle a répondu que « c‘est justement parce que nous voyageons seules que nous faisons les plus belles rencontres avec les gens du pays visité »

 3ème Jour : Trek

A 8 heures notre tuk tuk nous attendait pour partir en trek vers les villages Akhas. Comme avant hier le guide a dû passer au service de l’immigration pour obtenir les permis de pénétrer dans les villages des Akhas. Puis, le marché où nous avons acheté nos repas pour le déjeuner, et des paquets de lessive pour offrir aux femmes des villages. Le tuk tuk s’est arrêté dans la vallée et nous avons grimpé pendant 3 heures, le dénivelé est de 300 mètres, quand même !!!!!!!!!!! C ’est la montagne et il y fait chaud. Mais arrivés la haut, quelle récompense ! On profite d’un panorama superbe sur les rizières et les vergers de manguiers, les quelques bananeraies, les cerisiers en fleurs, les différentes cultures, les champs de gingembre.

Nous avons déjeuné dans une famille, le chef de famille nous a offert du thé et des cacahouètes. La cuisine est plus que sommaire, et pourtant dans cette famille y vivent 13 personnes, le couple a 11 enfants. Il n’y a qu’une seule chambre, où tout le monde dort sur la même natte. De nombreux petits chiens courent dans la maison en attendant d’être assez gros pour être mangés. Juste à côté de la porte d’entrée une belle truie dort. L’épouse du chef de famille est en retrait et coud les superbes costumes traditionnels. Les enfants sont rentrés de 1’école et mangent ce qu’ils peuvent où ils peuvent. Mais dans ce chaos tout le monde semble heureux.

Dans ce village, les enfants vont à l’école, car les missionnaires chrétiens apportent des fonds pour l’éducation. Nous avons visité une école maternelle et une école primaire. La première est assez bien lotie en terme de matériel. Mais dans la seconde, il n’y a que des tables, des bancs et un tableau noir pour l’institutrice. Les tous petits nous ont chanté mimé de jolies chansons. Les institutrices ayant des bébés, les portent dans un sac, sur leur dos toute la journée, comme le font les femmes dans les champs. Il n’y a pas de crèche dans les campagnes.

L’eau, canalisée à partir des petits torrents permet aux familles de vivre plus facilement.

L’électricité produite par une génératrice hydraulique produit 1 kilowatt !!!!!!!!!!!! Autant dire que les « loupiotes » dans les maisons sont très faibles.

Les Akhas, portent de très beaux habits colores, mais ce qui est le plus impressionnant est leur coiffe, ornée de boules et de pièces d’argent. Certaines coiffes pèsent jusqu’à 3 kilogrammes. Elle est portée dès que la jeune fille se marie.

Nous garderons un très bon souvenir de ce trek, certes un peu difficile mais ô combien

enrichissant. Noue guide, excellent, nous a longuement parlé de son pays, de ses atouts et ses problèmes en termes d’ouverture.

 Dernier jour à Kengtnng

Ce matin dès 9 heures nous avons essayé de nous connecter à Internet, mais comme d’habitude ce fut la galère. Nous avons pu réserver notre hôtel pour la Thaïlande sur l’île de Ko Chang car il semblerait que les places soient assez chères sur cette île en haute saison. Du coup nous avons choisi un bel hôtel sur une plage, pour terminer le voyage.

Puis, toujours en compagnie de nos amis nous nous sommes fait conduire à un festival organisé par l’ethnie des Wa. Un peu comme dans tous les pays du monde, cela ressemblait à une tête de village. La différence est que de nombreuses personnes étaient en costumes traditionnels, et qu’au centre du terrain où se déroulait la fête trônaient la tête d’un buffle et d’un cochon qui avaient été décapités. Les Wa dansaient autour !

Des officiels militaires participaient également aux festivités, mais eux, ne sont guère souriants, ils arborent des airs très antipathiques. Ils étaient assis dans d’énormes fauteuils et on leur servait de bons plats dont ils ne faisaient même pas honneur. Comme dirait notre amie Suisse « ils sont irrespectueux face à la population qui ne peut pas s’acheter à manger ».

D’ailleurs nous avons vu, qu’après leur départ certains Birmans sont venus chercher ce que les militaires avaient laissé sur les tables !

Photos