Désert de la Tatacoa

Nous avons quitté la région du Sentander en bus comme d’habitude, la route est bonne et le chauffeur est correct. Nous nous dirigeons vers la région de Huila. Nous avons fait une halte d’une nuit  à Bogota, et sommes repartis lelendemain matin. En effet la  distance entres Barichara et Villavieja où nous allons est trop grande sans faire une étape.

La gare de Salitre au centre de Bogota est immense, des centaines de bus partent nuit et jour, on se croirait dans  un aéroport.

Nous quittons donc Bogota à 8h30, et il nous aura fallu pas moins d’une heure et demi pour sortir de la ville, tant le trafic est important. Puis une fois sortis, nous pouvons admirer les beaux paysages andins. Nous passons plusieurs cols sans difficulté, les routes sont assez bonnes et le chauffeur de notre énorme bus à deux étages est performant.

Nous arrivons donc à 15 heures à la gare de Neiva, puis prendrons une camioneta (pickup) pour Villavieja, la petite ville aux portes du désert.

Puis nous finirons le voyage en Tuktuk jusqu’à notre mignonne petite pension au milieu de nul part.

Oh ça n’est pas le luxe, mais l’accueil y est toujours aussi chaleureux.

Nous posons nos bagages et partons déjà à la découverte de ce fameux désert, qui, en fait n’est pas un désert à proprement parler, mais une forêt tropicale sèche où Il n’y pleut que 1000 millimètres par an.

Notre soirée sera très calme, nous dînons à la pension, et nous nous couchons très tôt.

Il fait excessivement chaud, parfois le thermomètre atteint les 50°. Mais aujourd’hui il devait y avoir 38°, le top pour nous !!

Le lendemain matin, au petit déjeuner, nous faisons la connaissance d’une famille française de 3 enfants en voyage au long cours, 2 ans et demi sur un catamaran de 15 mètres. Ils  voguent dans les Caraïbes avant d’entamer un long voyage dans le pacifique. Nous discutons ensemble et Boris (le prénom du papa) nous dit que les deux hollandais assis à l’autre table prévoient  une visite du désert avec guide et que si l’on veut se joindre à eux, ça pourrait être sympa. Nous faisons donc connaissance d’Annelies et André, des retraités comme nous.

Nous réservons deux tuktuks et un guide afin de visiter les deux déserts, le rouge et le gris.

Ce sera Nano, notre charmant guide.

Il ne parle que l’espagnol, mais il a eu la gentillesse de parler lentement, et ainsi nous avons compris  ses explications.

Le désert rouge est le résultat de l’érosion de la roche par l’eau, le vent et le soleil.

La couleur ocre  vient  du fait qu’il y a du fer, du potassium et du manganèse.  Quant au désert gris, beaucoup plus petit, il est lié aux différentes plaques tectoniques de la cordillère orientale des Andes qui se sont déplacées au cours des millénaires. Dans celui-ci on trouve beaucoup de fossiles. Nano, nous a conduits dans de véritables labyrinthes, où la chaleur du matin nous obligeait à boire beaucoup……d’eau.

La végétation est malgré tout très importante. On y trouve de nombreuses espèces de cactus, certains sont  endémiques. Les arbustes  ont tous des propriétés médicinales.

La faune aussi est importante, nous avons vu des oiseaux et beaucoup de chèvres semi sauvages.

Le lait de chèvre se vend bien, ainsi que les fromages et toutes les confiseries à bases de ce lait. Tout ça est vraiment délicieux.

D’ailleurs, si nous ne mangeons pas aussi bien qu’en France, la nourriture est tout à fait correcte. Les Colombiens mangent beaucoup de viande, les plats au restaurant sont très copieux. Nous nous régalons d’avocats (500 grammes pièce), de mangues, ananas et petites bananes. Les jus de fruits frais sont excellents, les légumes sont essentiellement des légumineuses et des farineux. La banane plantain est cuisinée à toutes les sauces.

Vous l’aurez compris, la cuisine colombienne n’est pas terrible pour la ligne. Très nombreux, les gens sont  en surpoids. On ne sait pas si le gouvernement a un programme de santé publique  en faveur de la nutrition. 

Dans ce désert loin de toute source lumineuse, les nuits sont étoilées. Deux observatoires sont installés là, et on peut aller voir les étoiles  sur des télescopes de  grande qualité.

Ce séjour dans un lieu atypique nous a ravis, nous avons quitté les très gentils aubergistes avec  regrets, mais nous savions que d’autres découvertes nous attendaient.

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Barichara

Et voilà un autre village colonial, perché seulement à 1500 mètres et du coup il y fait chaud pour notre plus grand bonheur.

Nous avons quitté la région du Boyaca pour le Santander qui se situe au centre nord de la Colombie. Le voyage fut long mais heureusement que les routes sont bonnes et que les paysages sont magnifiques. Les hautes montagnes andines  très boisées et les plaines de pâturages se succèdent. Les différentes variétés d’eucalyptus sont très nombreuses, mais les plus beaux sont les bleutés.

Barichara a été fondé il y a 300 ans, mais les maisons sont comme neuves, les toits de tuiles rouge et les murs  blanchis à la chaux, en font un décor de cinéma.

Les pavés de rue  toujours aussi accidentogènes, mais évidemment  tout cela est fort photogenique.

Son immense église en pierre ocre  parait beaucoup trop grande par rapport à la taille du village, elle domine la place centrale très arborée ou viennent les familles avec enfants et les séniors…….nous nous y sommes reposés  aussi.

A 6 kilomètres de Barichara, un minuscule village, Guane.

Nous y sommes allés par le chemin empierré il y a certainement de longues décennies ; c’était le seul chemin entre ces deux villages. avant  que la route ne soit construite. La randonnée fut sympa mais assez sportive.

Nous sommes revenus à Barichara en Bus. Un aller nous a suffit.

Guane est connu pour ses fossiles, d’ailleurs un petit musée paléontologique se trouve sur la place du village. De nombreux fossiles  sont visibles sur les rochers de la place.

A l’extrémité du village on a une très belle vue sur le rio Suarez.

Nous constatons que les distances sont longues, entre les différents sites à visiter, nous avons fait le choix de « zapper » Playa de Belen dans le nord Sentander. Nous redescendons à Bogota pour une nuit et repartirons dans le sud ouest du pays et continuer notre voyage.  

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Mongui

Les jolis villages coloniaux se succèdent mais ne se ressemblent pas.

Nous sommes toujours dans la région du Bocaya, à une bonne centaine de kilomètres de Villa de Leyva, mais plus en altitude à 2800 mètres.

On s’en aperçoit vite car les gens ont des ponchos sur le dos et les chapeaux vissés sur la tête. Ce joli village dont TOUTES les maisons aux balcons fleuris de géraniums odorants, sont vertes, rouges et blanches et franchement l’harmonie est parfaite.

Notre hôtel est sur la place du village, au calme, l’accueil y toujours aussi chaleureux.

Nous déposons nos bagages et allons de suite au tout petit office de tourisme afin de recueillir quelques informations sur le village.

Mongui est spécialisé dans la fabrication des ballons de football depuis les années 1930.

Nous sommes ébahis devant le nombre de magasins où il n’y a que des ballons à vendre, on se demande comment les commerçants peuvent vivre de ce commerce dans ce bout du monde. Eh bien tout compte fait il y a trente fabriques de ballons qui emploient 200 personnes. Mongui est agrée par la FIFA pour fabriquer  ses ballons.

La place du village est calme, très calme, l’immense couvent des franciscains accolé à la basilica Menor de Nuestra Senora de Mongui en impose.

Nous n’avons pas pu la visiter, car elle n’est ouverte que le dimanche et nous sommes vendredi.

Mongui se situe à la limite du paramo. Le paramo est une plaine de haute montagne à une altitude de 3000 mètres et 4500 mètres, typique de la Colombie, l’Equateur et le Venezuela. La flore y est  très spécifique ainsi que la faune. Nous n’y avons pas fait de randonnée, car on nous a dit plusieurs fois que les dénivelés étaient importants et la météo très capricieuse. Du coup, nous avons préservés nos articulations pour d’autres balades.

Dans las alentours nous avons visité le  Lago Tota et sa  playa Blanca.

Dommage que la météo n’était pas très favorable, mais il fait dire que ce grand lac est à 3000 mètres d’altitude. Le slogan d’ailleurs est de dire que Playa Blanca est la plage la plus haute du monde. On commence à s’habituer à l’altitude, nous sommes beaucoup moins essoufflés  qu’à l’arrivée à Bogota.

C’est samedi, et les touristes colombiens sont nombreux, quelques uns se baignent dans une eau très frisquette. Françoise en tremble pour eux.

Puis sur le chemin du retour, toujours en autobus, nous nous  arrêtons  dans un minuscule village : Iza, connu et réputé pour ses desserts.

Tout autour de la petite place bien fleurie et arborée et dans une rue adjacente, des pâtisseries proposent leurs innombrables  gâteaux. Evidemment nous ne pouvions pas passer par Iza sans en déguster  une et boire un Tinto. Les pâtisseries sont crémeuses, la crème fraiche est beaucoup utilisée dans cette région, mais l’élevage bovin est très important, ce qui peut expliquer le goût pour la crème fraîche. Le fromage est servi également à toutes les sauces, mais on est loin de nos fromages français. Celui de la région du Boyaca ressemble au Bonbel, qui pour nous n’est pas un fromage. Les mangeurs de fromages goûteux en conviendront. 

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