Sulawesi (Célèbes)

trajet-maumere-macassarNous avons donc quitté Florès pour  Sulawesi. Un vol direct de  la compagnie Merpati, qui est inscrite sur la liste noire des  compagnies européennes nous a emmené sans problème, et pourtant  Françoise tremblait de trouille à l’idée de monter dans un avion qui n’est peut être pas fiable. Nous n’avions guère le choix, car rejoindre Sulawesi de Florès , n’est pas chose facile. Nous pouvions prendre un ferry, mais il nous fallait beaucoup plus de temps. Bref, Tout s’est bien passé. Nous avons même eu droit à un verre d’eau et un pain au chocolat  pendant le vol !!!!!!img_1543-copier

Arrivés à l’aéroport de Macassar, nous avons tout de suite réservé un bus de nuit pour rejoindre Rantépao. Nous avons loué  un taxi  pour la journée et avons   visité la ville. Macassar est une métropole de plus d’un million d’habitants. Le fort Rotterdam, ancien bastion des Hollandais est bien conservé, et nous avons passé un bon moment sur le port des Bugis. Leurs goélettes transportent des marchandises dans l’ensemble de l’archipel Indonésien. Les Bugis, valeureux marins,  n’ont pas besoin de boussole et se dirigent sans gouvernail sur leurs goélettes. Dommage que le  port soit  affreusement sale, Ils n’ont aucune idée d’écologie, c’est affligeant.

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A 22 heures nous prenions donc le bus de nuit. Nous sommes les seuls étrangers à faire le voyage, mais le bus est plein. Il est extrêmement confortable. Les sièges s’allongent, nous avons couverture et bel oreiller. C’est beaucoup plus confortable que l’avion.

A  6 heures du matin nous étions à Rantépao. Là, évidemment un comité d’accueil de taxis et de guides nous attendait.

Nous sommes allés prendre un petit déjeuner dans  le 1er « warung » du coin et avons discuté avec des guides. Nous en avons retenu un qui est francophone.

Anis sera notre guide pendant 2 jours. ranis.anis@ yahoo.in

Hop, ensuite  nous avons choisi un hôtel, et il y a  largement le choix car les touristes n’affluent pas en cette saison, et c’est tant mieux pour nous. Nous résiderons donc dans le plus bel hôtel de Rantépao  www. Torajaheritage hotel.com. Il est construit dans le style Toraja. Nous avons une vue superbe sur la montagne, beau jardin , grande piscine, petit déjeuner de roi. Nous ne sommes absolument pas  réguliers dans nos choix dans nos choix d’hôtels car à Maumere nous étions dans une Guest house délabrée, très très mal entretenue, mais évidemment beauuuucoup moins chère.

En fait, notre objectif est de tenir le budget prévu pour le voyage et ainsi  de temps en temps nous nous offrons un top.

Bon, Après moult négociations  sur le prix  de notre tour avec le guide, nous  lui avons donné rendez vous à 10 heures.

Une bonne douche  et  nous étions prêts pour la découverte du merveilleux pays  Toraja.

Ici on a  l’impression de vivre un documentaire, tant les paysages  sont stupéfiants de beauté et  la culture  tellement complexe. Le pays Toraja restera certainement l’un de nos coups de cœur.

Anis   nous dit qu’aujourd’hui  se déroule une cérémonie funéraire à ne pas manquer. Les Toréjas vivent dans le culte des morts et il est fondamental pour eux d’organiser des cérémonies funéraires grandioses, et c’est un euphémisme.

Avant d’aller à cette cérémonie, nous visitons  un  magnifique village. Les villages appartiennent à une seule  et très grande famille . L’architecture des maisons est splendide. Leurs  toits   sont en forme de bateau.  Peu de Torajas vivent encore dans les maisons anciennes car  évidemment il n’y a aucun confort,  ils construisent des maisons en « dur »  à côté dans le style ancien, mais sont obligés  de garder les villages pour y célébrer toutes les cérémonies. Aujourd’hui,  Il s’agit  d’une cérémonie  concernant  deux dames décédées il y a un an, Elles sont là dans leur cercueil exposé  sous des petits  abris et les statues à leur effigie en bois  de jacquier ,grandeur nature,  à côté. Elles  vont être honorées pendant deux ou trois  jours. Des buffles et des cochons vont être sacrifiés, attention !!!!!!! Âmes sensibles s’abstenir !!!!!!!!!!Il Il ya beaucoup d’hémoglobine, le sang coule. La viande des animaux sera partagée entre les invités et les  gens des villages alentours. Oui, car  les sacrifices peuvent être d’une centaine de bêtes. Le gouvernement a instauré une taxe sur ces sacrifices afin  d’enrayer les massacres, mais rien n’y fait, la  tradition l’emporte sur  le fait de payer un impôt  pour chaque sacrifice. Les buffles, élevés à Sulawesi, ne suffisent pas  à fournir les cérémonies funéraires, si bien  que les Toréjas en importent  de tout le pays, Bornéo, Sumatra, Papouasie, c’est absolument dément.

Des bâtiments de bambous ont été construits pour l’occasion car plusieurs  centaines de personnes seront invitées à la cérémonie. Nous faisons partie des invités et Anis avait prévu un cadeau pour la famille (des cigarettes). Nous avons été reçu dans l’une  des innombrables petites pièces en bambou et on nous a offert, bonbons gâteaux et café. Les Torajas expatriés dans d’autres pays, reviennent pour ces cérémonies. Il est impossible pour une famille de ne pas faire ces fastueuses  cérémonies, sinon elles perdraient la face, et ce serait la honte à tout jamais. Les Torajas sont Chrétiens, preuve en est les nombreuses  églises colorées qui rehaussent  le paysage, même au fond des rizières. Mais les Torajas conservent leurs croyances animistes d’avant l’évangélisation.

La cérémonie dure 2 à 3 jours. Outre  les sacrifices  d’animaux, il y a les processions avec  les cercueils, les danses et musiques et  les combats  de buffles dans une rizière. Ce sont peut être mille personnes ou plus qui parient sur les animaux. Un a un les buffles sont conduits dans la rizière et s’affrontent. Le gagnant est celui qui fait fuir l’autre. Il n’y a pas de mise à mort dans ces combats.

Les buffles coûtent chers, mais les plus  précieux sont les albinos, ils peuvent valoir  jusqu’à 20 000 euros. Une fortune !!

Cette journée restera un point fort de notre voyage.

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Au revoir Florès

Pour terminer la traversée de Florès nous prenons un  bus collectif. Il est  à moitié plein et heureusement car le confort  est spartiate.

Aujourd’hui les vitres du bus sont plus grandes, ainsi  nous profitons au maximum du paysage. Les cocoteraies nous semblent plus nombreuses qu’ailleurs.

Maumere n’est pas une belle ville, et c’est la première fois  depuis notre arrivée en Indonésie que nous voyons  des tags sur les murs. Avant même de chercher une guest house, nous sommes allés dans une agence afin de réserver un vol  pour Macassar à Sulawesi.  Il n’y  a pas d’avions tous les jours si bien que nous resterons 2 nuits ici.

Notre Guest house est au bord de la mer, à 10 kilomètres de Maumere et comme à Moni nous y sommes seuls. Vraiment la mousson doit faire peur aux touristes.

Pour circuler nous avons loué un scooter, et sommes allés visiter les alentours.

Une jolie plage déserte de sable semi noir a retenu notre attention et nous nous y sommes installés. Deux  heures après notre  « isolement » une armée de petits garçons est venue troubler notre tranquillité. Ici  dans l’Est de Florès, les enfants clament sans arrêt des «  Hello mister », que ce soit aux hommes ou aux femmes ; hello mister  est certainement «  unisex » selon les petits  Florésiens.

Puis  un jeune homme s’est approché timidement  et nous a demandé s’il pouvait s’asseoir à côté de nous ; ok, selamat datang !! (Bienvenue)

Il nous a dit   que son copain lui avait appris que des « Bule » (étrangers) étaient  à la plage, et que peut être il aimerait  converser avec eux.

En fait ce jeune homme, Nicolas de son prénom, est étudiant à Java, il est en vacances actuellement chez ses parents. Il parle anglais, et c’est certainement le seul de la région. Il nous  a dit qu’il serait très heureux de nous présenter à ses parents et que pour la première fois des « Bule »  entreraient chez lui. Ok donc pour la présentation à papa et maman, qui sont instituteurs dans un village à 4 kilomètres de là.

Nous avons été chaleureusement accueillis et avons dégusté un bon café local. Evidemment,  la famille élargie était dans la maison à nous admirer ; ils nous ont  dit que les nez des « bule » (prononcer bouuulé) ne ressemblaient pas du tout aux leurs. Nicolas nous a dit aussi qu’il  aimait nos peaux blanches et qu’il ne  comprenait pas pourquoi nous nous exposions au soleil.

Et comble  d’admiration quand nous avons dit qu’Alain était lui aussi enseignant et que Françoise était infirmière. La sœur de Nicolas, est également infirmière à L’hôpital de Maumere. Nous aimons faire ces  rencontres fortuites qui améliorent nos  relations avec la population.

Pour cette dernière soirée à Florès nous avons dîné dans notre  petite Guest House. Si le repas ne fut pas pantagruélique, Alain s’est régalé de thon grillé sur la terrasse en bambou qui surplombe la mer. Le garçon nous avait allumé deux petites lampes  rouges et nous a dit « it’s romantic for you » ;  Terima kasi !!!

Le paysage nocturne  nous  permet juste d’apprécier les vaguelettes qui  lèchent la plage à nos pieds et au loin, les innombrables pêcheurs sur leurs petits bateaux tous feux allumés, c’est effectivement « Romantic » !!! Il n’est que 19H30. Notre dernière soirée sera calme  à jouer au 8 américain et  Sudoku ensuite  pour Alain, Françoise regarde des photos. Les grillons et autres bestioles ne se manifestent même pas ce soir, seuls quelques petits lézards  nous tiennent compagnie et guettent les moustiques.

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Moni et le Kelimutu

La route de Ende à Moni est toujours aussi sinueuse et splendide. La traversée de Florès n’est pas  facile mais elle en vaut le voyage tant les paysages sont beaux et diversifiés.

Notre arrivée à Moni est simple, nous n’avions rien réservé mais nous avons trouvé tout de suite une petite Guest House où nous étions les seuls  touristes. Nous y séjournerons 2 jours

Moni est une toute petite bourgade, au pied du volcan Kelimutu, célèbre pour ses 3 lacs  de couleurs  différentes.  Le site est beau, très beau. L’eau est partout, le bruit des cascades et petits ruisseaux retentit un peu partout, la jungle couvre  les collines environnantes et les rizières éclatantes tapissent la petite vallée de Moni. La population est pauvre et vit de la culture du riz et du tourisme grâce au Kelimutu.

Comme un peu partout à Florès, les sources chaudes sont nombreuses. Il était environs  16 h 30, quand  nous avons déniché par hasard un site  de sources chaudes. Nous  admirions le site, quand plusieurs femmes ont surgi  comme  par magie d’une rizière en bordure de deux  bassins artificiels (un pour les femmes et un pour les hommes). Elles venaient de terminer leur journée de travail  dans les champs de riz. Elles se mettent sitôt torse nu  et hop dans l’eau,   prennent  une très grosse pierre ponce et se gratte TOUT le corps,  le dos est gratté par une copine, ça, c’est pour   la piscine des femmes. Dans celle des hommes, idem, ils ont leur pierre ponce et se grattent de la même façon. Quand nous sommes repartis, les gens  du village et des environs  arrivaient avec leur petit nécessaire à toilette pour  profiter de l’eau chaude qui coule à gros débit. Bah !!!  C’est un peu spartiate mais fonctionnel.

 

Dring, dring, il est 4h30 ce matin !!!!! Le réveil sonne. Nous avons loué une voiture avec chauffeur pour aller aux 3 lacs du Kelimutu au lever du soleil. La route est facile pour monter les 15 kilomètres. Nous nous arrêtons sur  le parking puis marchons encore 30 minutes sur un chemin très bien aménagé, là, nos lampes frontales  sont très appréciables. Les Indonésiens vénèrent ce volcan qui culmine à 1640 mètres. Il ne fait pas froid mais le vent et   l’humidité nous obligent à porter les  coupe-vent

 

img_1500-largeNous n’étions pas les premiers au sommet, mais hélas le ciel était archi bouché. Le jour s’est levé vers 6 heures mais  nous étions dans les nuages. Enfin, nous avons pu apercevoir quelques minutes le lac noir, puis un peu plus longtemps le turquoise ainsi que le brun rougeâtre. Ces  différentes couleurs seraient dues à des dissolutions  de sels minéraux  selon les lacs.  L’environnement est lunaire, quelques arbrisseaux poussent sur la roche volcanique, quelques singes  osent s’approcher de nous, au cas où il y aurait quelque chose à chaparder.

Nous attendrons jusqu’à 7 heures que les nuages disparaissent mais hélas ils ne se dissiperont pas. Nous quittons donc le site assez frustrés. Les caprices  de la météo  sont  imprévisibles.

Nous avons pas mal randonné autour de Moni et visité de belles cascades et en cette mousson les eaux sont tumultueuses.

Les tous petits villages environnants sont mignons, chaque maison, bien que très modeste est fleurie, ici, il est très facile de fleurir sa maison puisque tout pousse vite même les piquets de clôture !!!

Les gens ont  les  tombeaux de leurs parents dans leur cours. Ils sont parfois  fleuris, mais servent toujours de bancs pour discuter en famille, ou bien aux enfants comme terrain de jeu ou encore aux chiens comme observatoire. En terme de salubrité, on  ne sait pas ce que ça donne, mais tout le monde a ses morts dans la propriété. Dans certaines ethnies, le tombeau est même dans la maison !!!!!!!!!!

Nous reprenons la route pour Maumere, à 4 heures d’ici. Ce sera notre dernière étape avant de prendre l’avion pour Macassar  sur l’île de Sulawesi dans les Célèbes.

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