De Riung à Moni

A 6 heures le bus public vient  nous chercher à l’hôtel, et ça ne sera pas le grand confort  pour nos 4 heures de route. Bon, on a l’habitude !!!

Les paysages sont toujours très beaux, mais il faut faire une gymnastique  pas possible pour voir à travers les toutes petites vitres du bus. Rizières, plaines de pâturages, forêts et hautes collines très escarpées. Nous longeons le littoral, la mer est encore houleuse et sa couleur n’est pas celle des meilleurs jours, il fait très chaud, le soleil est absent mais  il ne pleut plus.

Nous avons eu un bouchon sur la route, bien que le trafic ne soit pas important. Quand nous avons pu nous dégager, nous avons constaté que la route était coupée car un ENOOORME éboulement de roche  venait  de se produire .La route était totalement coupée. Nous frémissions à l’idée de ce qui serait  advenu au moment de notre passage, Brrrrrrr !!!!!!!!

Les services  publics ont du utiliser les grands moyens pour  dégager un  côté de l’étroite   route et  organiser une issue, sinon impossible  de passer car une seule route  existe  pour traverser Florès. D’un côté c’est l’océan  et de l’autre la montagne.

Ende est une ville affreuse, nous n’y séjournerons qu’une nuit, histoire  de souffler un peu entre deux voyages en bus et de se connecter un moment à Internet pour mettre le site à jour et commander nos billets d’avion pour  changer d’île. Nous restons encore quelques jours sur Florès puis nous partirons sur Sulawesi (Célèbes). En revanche  nous ne savons pas encore dans quel sens nous allons visiter. Notre projet est d’aller dans le pays Toraja plusieurs  jours puis   dans les îles Togians pour terminer notre beau voyage. Il s’avère qu’aller dans  ce petit archipel est un peu le parcours du combattant, car les liaisons  maritimes ne sont pas faciles mais quand on y arrive il paraît que l’on a du mal à en repartir tellement c’est beau. Nous allons donc nous armer de ténacité pour réussir.

Demain nous reprenons la route pour Moni et envisageons la grimpette au volcan Kelimutu.

La route continue

Ce matin,  petit tour de marché pour acheter des avocats, des citrons, et des bananes, passer à la banque  pour retirer de l’argent, car là où nous partons c’est le bout du bout du monde.

trajet-bajawa-riungLe bus public passe nous chercher comme prévu, c’est un vieux truc sans âge, nous casons nos bagages dans l’allée et  en route.

Le Lonely planet décrit la route comme épouvantable, nous confirmons !!

65 kilomètres en 3 heures !!! Et sans bouchon ni feux tricolores. Nous sommes dans des  montagnes russes entrecoupées d’épisodes de « shaker ». En général Françoise dort pendant tous les transports, mais là, non, impossible de fermer l’œil. En revanche, nous n’avons même  pas peur car le bus  ne dépasse pas les 30 km/h.

Les paysages sont toujours aussi splendides, mais différents de ceux que nous avons vu de Lubuanbajo à Bajawa. Ici, il y a beaucoup plus de jungle, et  des rizières en terrasses qui ponctuent le paysage.

Riung est un tout petit village de pêcheurs de l’ethnie des Bagis. Ils seraient les meilleurs pêcheurs de toute l’Indonésie. Ils vivent  au bord de la mangrove dans des maisons en bois sur pilotis. Le village n’a pas encore l’électricité, c’est un générateur qui  en produit de 18 heures à 6 heures du matin. Les congélateurs ne sont pas connus ici, on mange frais tous les jours.

L’arrivée à Riung  se fait sous une pluie battante, et d’ailleurs il a du pleuvoir énormément, car la petite rue où nous logeons est inondée, et nous avions vu sur la route des champs gorgés d’eau, la route traversée par des torrents d’eau. Notre hôtel n’est pas mal du tout, il est géré par des missionnaires chrétiens. Nous y avons retrouvé David et Oana, et avons dîné avec eux. Demain, nous prévoyons une sortie en mer tous les quatre. Espérons que le soleil soit revenu.

 

 

Ce matin le soleil est revenu, nous sortons avec un bateau pour visiter 3 îles parmi les 17 îles de ce petit archipel.

Nous mettons le cap sur l’île aux « renards volants » comme disent les anglais pour parler des chauves souris. Sur cette île entourée de mangroves vivent des milliers de chauves  souris énormes, rousses au ventre orange, elles sont frugivores, et le soir au coucher du soleil elles s’envolent pour aller chercher leur nourriture sur les autres îles.

Nous demandions si elles faisaient des dégâts dans les plantations, notre capitaine nous répond   qu’il y tellement de fruits dans les forêts, que les chauves souris ne sont pas un problème  pour la nature.

Il nous a raconté une belle histoire. Un missionnaire aurait vécu seul, sur cette île pendant 15 ans et lors de son départ définitif pour Florès, une volée de chauves souris l’auraient accompagné à sa nouvelle demeure !

La mousson nous a rattrapés, et la suite de notre journée bateau sera perturbée par la pluie, nous avons tout de même pu  aller faire du snorkeling   et accoster sur une île déserte, celle de Robinson, très certainement, sable blanc, coquillages et grand calme.

Puis repas les pieds dans l’eau sur une autre île, il n’y aura pas de photo de ce trip  car l’appareil photo a souffert de la pluie et la carte mémoire est fichue. Heureusement qu’Alain sauvegarde  chaque jour les photos, sinon, cela aurait été une catastrophe.

Enfin, bien que la météo ne fût pas  clémente nous avons passé une excellente journée avec David, Oana, et Joïce et un jeune homme du coin.

Demain nous repartons pour Ende

Photos

La transflorésienne

Bajawa et sa région

Dès  7 heures nous prenions un bus de 15 personnes,  très confortable pour  Bajawa. Nous ferons 250 kilomètres en  8 heures. Eh oui, la route est assez bonne, mais plus que sinueuse, un vrai régal  tout le long de la route, les paysages sont époustouflants de beauté. Traversée de forêts gigantesques, rizières en terrasses, cascades, petites rivières rapides, petits villages, pas un instant nous ne sommes ennuyés. Cette route est d’autant plus agréable que  le trafic est peu important. Le chauffeur nous arrête de temps en temps pour acheter des fruits au bord de la route et  pour grignoter un petit en cas.

img_1341-largeL’arrivée à Bajawa est assez folklorique, le bus nous arrête à une intersection  de route, nous  sommes les seuls touristes et un chinois. Un comité d’accueil  de 3 motards  nous attend et nous propose de nous conduire à l’hôtel de notre choix. Nous leur montrons nos gros bagages, mais « no problem », ils peuvent nous prendre et nos bagages sur la même moto. Et  c’est  parti mon kiki !

Florès n’est pas une île très densément habitée, les gens y sont particulièrement gentils, tous prêts à rendre service, si bien que pour trouver notre chemin nous n’avons jamais eu de problème.

Notre hôtel  est correct, mais c’est le seul correct  de la ville. Bajawa est peu touristique si bien que l’hôtellerie n’y est pas développée. Pourtant si elle  n’a rien d’exceptionnel, les  alentours présentent des trésors. Le volcan Enirie culmine à 2245mètres et la ville à 1100 mètres ce qui en fait un endroit frais, la nuit nous avons une petite couverture, il doit faire 20° environ. On ne se plaint pas  d’être à peu près les seuls touristes. Ce coin  de la planète est à partager  en secret. Ce soir par exemple nous sommes les seuls clients de l’hôtel et un couple Indo/Américain.

img_1346-largeNous avons loué un scooter comme d’habitude et partis à la  découverte des villages Ngada. Cette ethnie Chrétienne et animiste, eh oui on ne peut jamais renier ses origines ancestrales, même quand les évangélisateurs sont passés par là. Ainsi cette ethnie adopte le principe des castes et  ont le culte des ancêtres. Leurs villages sont absolument merveilleux, construits sur une petite crête de montagne. Les symboles de la tradition Ngada sont nombreux. Les rites de fertilité sont toujours bien vivants. Ils vivent de l’agriculture  et du tissage des ikats. Ce sont de beaux tissus dont le motif  est obtenu en teignant chaque fil avant le tissage. Certains ikats valent des fortunes.

Quand on  remonte sur le haut plateau vers Bajawa , on  découvre une multitude de petits villages. Un jeune homme nous disait que dans les différents villages du coin, tout les gens ne parlaient pas forcément la même langue. En Indonésie, il y a 700 dialectes différents, mais le bahasa Indonésia est la langue officielle que  la plupart des Indonésiens connaissent.

Nous savions qu’il  existait des sources chaudes dans le coin, nous les avons cherchées pendant longtemps. Et c’est en repassant sur la route que nous avions déjà parcourue, que  deux petites filles nous ont  fait signe de s’arrêter. Elles nous ont demandé si nous cherchions les « hot spring » ? Ben oui, qu’on les cherche et depuis longtemps !!!

img_1404-largeAlors nous avons suivi nos  deux petites guides de 6 ou 8 ans. Nous avons vite compris  pourquoi nous n’avions pas trouvé ces fameuses sources. Il faut prendre un chemin très caillouteux, puis emprunter un petit pont en bambou, et  continuer encore dans une sorte de vallée entourée de bambous et autres grands arbres. Nos 2 gamines nous ont bien  guidés et nous ont fait découvrir de très belles sources d’eau absolument brûlantes peut être 70° ou plus, les vapeurs soufrées sont suffocantes. La roche est jaune vif par endroit, et on voit l’eau jaillir à l’arrivée  sur la roche, c’est vraiment très beau. Parallèlement à cette eau chaude qui dévale les  rochers, un autre cours d’eau froide  descend, puis à un certain moment les eaux chaudes et froides se rejoignent pour devenir tièdes bien évidemment. Il est possible de se plonger dans un grand bassin aménagé.

Nous  savions que la mousson était de décembre à avril, et jusqu’à maintenant nous ne nous en étions pas encore aperçu,  il a toujours fait beau. Mais depuis que nous sommes à Bajawa, il pleut toutes les nuits et une partie de la matinée. Heureusement que les après midi sont calmes et nous permettent de chevaucher notre scooter.

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Nous sommes conscients d’avoir de la chance dans  nos rencontres. David l’américain (notre voisin de chambre)  qui  vit  à Florès  parle très bien le français. Nous faisons plus ample connaissance et ainsi nous facilite notre prochain voyage. Nous changeons de programme pour la suite. Tout compte fait demain nous partirons en bus public pour  Riung au bord de la mer. Nous avions initialement prévu d’aller à Ende, mais nous ne ferons qu’y passer.

Il s’avère que David et Oana  partent ce jour à Riung, nous les rejoindrons demain.

Il pleut ce matin, le ciel est gris, le volcan  est submergé de nuages,  nous en profitons pour discuter.

Comme chaque jour, la pluie cesse en fin de matinée, nous grignotons un peu et partons visiter d’autres villages tribaux. Nous sommes dimanche et les gens de la campagne ont revêtu leurs beaux sarongs d’Ikats et rendent visite à leur famille. Il y a beaucoup de monde à pieds sur les routes.

Comme hier, pour les sources chaudes, nous avons du mal à trouver  le village de Wogo, et aujourd’hui c’est  un jeune  garçon  rencontré au bord de la route qui sera notre guide. Il nous  fait traverser une forêt de bambous  et  nous  conduit dans un site exceptionnel de mégalithes ancestraux qui servent encore pour certaines cérémonies.

Puis il nous propose de voir des sources chaude « air panas », mais quelle ne fut pas notre surprise, car en fait ce ne sont pas des sources chaudes comme il dit, mais bien un geyser, l’eau boueuse et  aux vapeurs soufrées suffocantes   bout   à plusieurs centaines de degrés peut être. Il nous fait passer sur des  plaques où les bulles d’eau bouillantes surgissent. Ce site au milieu d’une grande  forêt n’est pas sécurisé, on hallucine.

En fait  une usine, toute proche récupère l’énergie  provoquée par  ces eaux, pour en produire  de l’électricité.

Pour terminer cette super journée, sans rencontrer un seul touriste, nous visitons le village Ngada de Wogo.

Il est grand, 200 personnes y vivent. Nous rencontrons une dame qui parle bien l’anglais et nous propose de visiter sa maison. Nous acceptons sans hésiter. La maison est archi pleine de monde. Les hommes jouent aux cartes et boivent du vin de palme, des jeunes filles sont allongées sur des nattes. Nous demandons combien de personnes vivent dans cette maison, 6 nous répond elle. Mais aujourd’hui, est jour particulier car la grand-mère vient de mourir et c’est la cérémonie funéraire, c’est la raison du grand nombre de personnes dans la maison. Ce matin,  à l’occasion de la mort de Mamie, un buffle a été sacrifié, d’ailleurs la dame, prénommée Maria, eh oui elle est  chrétienne animiste,  nous présente l’homme qui a tué la grosse bête. Il porte à la taille le sabre  de plus de 50 centimètres qui a servi au sacrifice. Selon, nos différentes lectures ces sacrifices sont très producteurs d’hémoglobine et déconseillés aux âmes sensibles.

Maria nous  propose de boire un café local, elle  pose 2 chaises au milieu de ce qu’on appellera la cuisine, une pièce où brûle en son centre  deux feux  nourris par des troncs d’arbres que l’on pousse au fur et à mesure de la combustion. 2 énormes marmites pleines de légumes sont posées sur des trépieds et nous, nous trônons devant une  bonne dizaine de personnes qui nous regardaient. Ce sont des moments  inoubliables pour nous !! L’hospitalité de ces gens nous émeut.

Photos